«Ceux qui viendront, l’entendront»: au temps de la parole

«Ceux qui viendront, l'entendront», de Simon Plouffe
Photo: Les Films du 3 Mars «Ceux qui viendront, l'entendront», de Simon Plouffe

Incursion délicate dans la tour de Babel autochtone québécoise, Ceux qui viendront, l’entendront a la subtilité de la poésie de Joséphine Bacon, à qui il emprunte son titre. Parti à la rencontre de locuteurs de langues autochtones (naskapi, abénaquis, innu, inuktitut, attikamek et mohawk), le cinéaste Simon Plouffe y propose paradoxalement le contraire d’un documentaire verbeux.

Des moments sans traduction s’étirent parfois, habités par une musicalité que rend bien sa caméra posée et attentive. En retrait, presque invisible, il force l’oreille à s’arrêter en alternant paroles, confidences et silences au gré de ses visites éparpillées. Certaines s’avèrent plus riches que d’autres, surtout sur le plan des images, qui manquent singulièrement d’unité.

C’est que, tel un métronome, Simon Plouffe bat d’abord un temps, celui de la parole, si fragile et si entêtée. Prix du jury au festival d’Ann Arbor, son film loge résolument du côté des observateurs qui savent qu’il faut écouter la langue hésiter pour l’entendre vraiment se délier. À écouter, toutes antennes ouvertes.

Horaire en salles

Ceux qui viendront, l’entendront

★★★ 1/2

Documentaire de Simon Plouffe. Québec, 2017, 77 minutes.