Les fantômes d’Ismaël

Photo: Le Pacte

Voilà 20 ans que Carlotta, grand amour tourmenté d’Ismaël, s’est volatilisée. Mais voici qu’au moment où il succombe au charme discret de Sylvia, la disparue reparaît, son mystère lui faisant manteau. Les spectres se bousculent dans Les fantômes d’Ismaël, d’Arnaud Desplechin, hantant l’histoire comme l’image : flotte l’influence d’Hitchcock, de Bergman. D’ellipses en montage associatif, la construction est typiquement virtuose. Les temporalités se télescopent, revêtent une structure gigogne… Desplechin continue ainsi de faire croître une oeuvre foisonnante au sein de laquelle les films s’interpellent et se font écho, reliés par des personnages récurrents déclinés en maintes variations, celles-ci enracinées dans un terreau autobiographique poétisé par l’auteur, approche dont il dote son alter ego, qui est cinéaste. En cela, il s’agit peut-être du film le plus intime de Desplechin. Car les fantômes d’Ismaël, ce sont d’abord les siens.

Notre critique complète

Les fantômes d’Ismaël

★★★★ 1/2

Drame psychologique d’Arnaud Desplechin. Avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Hippolyte Girardot, Alba Rohrwacher. France, 2017, 134 minutes.