Gala Artisans: belle récolte pour «Les affamés» et «Hochelaga, terre des âmes»

Le film de zombies «Les affamés», de Robin Aubert, a remporté cinq statuettes.
Photo: Films Séville Le film de zombies «Les affamés», de Robin Aubert, a remporté cinq statuettes.

Mardi soir, en direct du studio 42 de la Maison de Radio-Canada, Léane Labrèche-Dor et Pier-Luc Funk ont animé pour une deuxième année de suite le Gala Artisans, diffusé en direct sur ICI Art et sur radio-canada.ca/galaquebeccinema. Quatorze prix Iris ont été distribués aux magiciens de l’ombre. Au fait, à quoi ressemble un artisan ? Selon les deux animateurs, « ça ressemble à Robin Aubert ».

Du début à la fin de la soirée, qui n’a duré qu’une heure puisqu’il n’y avait pas de pause, comme l’a rappelé plusieurs fois l’amusant et sympathique tandem, Les affamés, de Robin Aubert, et Hochelaga, terre des âmes, de François Girard, se sont livré une chaude lutte ; le premier remportant cinq Iris et le second, quatre prix.

Un long suspens
La fresque historique de François Girard s’est d’abord illustrée grâce à Nicolas Bolduc (Jutra de la meilleure direction de la photographie en 2013 pour Rebelle), qui a reçu l’Iris de la meilleure direction de la photographie. L’artisan de l’image brillant par son absence, Léane Labrèche-Dor et Pier-Luc Funk, qui misaient sur les malaises et l’aspect bonne franquette du gala, se sont empressés de passer à la catégorie suivante.

Hochelaga, terre des âmes a ensuite remporté les prix de la meilleure coiffure (un premier Iris pour Réjean Forget et Ann-Louise Landry) et des meilleurs costumes (un premier Iris pour Mario Davignon). D’origine algonquine, Ann-Louise Landry était très émue en évoquant les recherches qu’elle et son partenaire ont effectuées pour représenter avec justesse les Premières Nations. Quant à Mario Davignon, il a salué la mémoire de Kevin Tierney, décédé le 12 mai dernier.

Photo: Films Séville «Hochelaga, terre des âmes» a gagné quatre prix.

Alors que François Séguin, qui cumule trois Jutra (Le violon rouge, Silk et Brooklyn), cinq Genie (dont Jésus de Montréal et Silk) et un prix Écran canadien (Hochelaga, terre des âmes), mettait la main sur l’Iris de la meilleure direction artistique, Hochelaga menait encore la course devant Les affamés. Rappelons que le film de François Girard s’était classé au sommet des finalistes avec Le problème d’infiltration, de Robert Morin, les deux films ayant récolté chacun dix nominations.

Les talonnant de très près avec neuf nominations, le film de zombies de Robin Aubert l’a emporté dans les catégories des meilleurs effets visuels (un premier Iris pour le prolifique Jean-François « Jafaz » Ferland d’Alchimie 24) et du meilleur maquillage (Erik Gosselin et Marie-France Guy, lauréats du prix Écran canadien en mars dernier).

Avant d’être couronné en fin de soirée comme film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec, ce qui a donné l’occasion à Robin Aubert de saluer son équipe et plus particulièrement la productrice Stéphanie Morissette (surnommée « la dynamo » par Erik Gosselin), Les affamés s’est également distingué dans les catégories du meilleur son et de la meilleure musique originale (un premier Iris pour Pierre-Philippe « Pilou » Côté).

Si cette catégorie a permis à Jean-Sébastien Beaudoin Gagnon, Stéphane Bergeron et Olivier Calvert de remporter leur premier Iris, Bergeron cumulait déjà trois Jutra (Polytechnique, Louis Cyr et La guerre des tuques 3D) et un Genie (Polytechnique), tandis que Calvert avait dans sa collection deux Jutra (Silk et Babine) et un Genie (Maurice Richard). Le trio gagnant a rappelé que le travail de son en équipe n’était pas un luxe et qu’il ne fallait pas hésiter à engager des perchistes.

Les rois mongols et Chien de garde

Du côté de la fiction, Les rois mongols, de Luc Picard, d’après le roman de Nicole Bélanger, et Chien de garde, premier long métrage de Sophie Dupuis, tous deux finalistes dans huit catégories (aux côtés de Boost, deuxième long métrage de Darren Curtis, et de La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Simon Lavoie, d’après le roman de Gaétan Soucy), se sont distingués chacun dans une catégorie.

Les rois mongols l’a emporté dans celle de la meilleure distribution de rôles (un premier Iris Emanuelle Beaugrand-Champagne et Nathalie Boutrie, de Casting NB, et Frédérique Proulx). Saluant leurs pairs, les directrices de la distribution ont d’ailleurs salué le Québec, l’un des rares endroits où l’on reconnaît leur métier — cette catégorie n’existe toujours pas aux Oscar.

En remportant l’Iris du meilleur montage pour Chien de garde, la monteuse Dominique Fortin a élargi sa collection comprenant un Jutra (La grande séduction) et un Genie (Head in the Clouds).
Photo: Axia Films «Chien de garde» a été sacré meilleur montage.

Du côté des documentaires, François Messier-Rheault a été le premier à récolter un prix, son premier, celui de la meilleure direction de la photographie pour Ta peau si lisse, film d’essai de Denis Côté sur le culturisme. Le photographe a remercié le monteur Nicolas Roy, qui a enlevé « toutes ses images laides ».

Concourant tous deux dans la catégorie du meilleur documentaire (laquelle sera dévoilée dimanche prochain) aux côtés de Destierros, d’Hubert Caron-Guay, La résurrection d’Hassan, de Carlo Guillermo Proto, et Sur la lune de nickel, de François Jacob, La part du diable, de Luc Bourdon, et Manic, de Kalina Bertin, ont chacun raflé un Iris.

Remerciant le lumineux Luc Bourdon, Catherine Van Der Donckt a confirmé que « la parité, c’est pas compliqué ! » en mettant la main sur le prix du meilleur son avec son partenaire de travail Jean Paul Vialard. À l’instar du tandem de La part du diable, Anouk Deschênes a remporté son premier Iris, celui du meilleur montage pour Manic.

À la mi-temps, Ségolène Roederer, directrice générale de Québec Cinéma, est venue présenter le moment émouvant de la soirée, soit le segment « In memoriam ». Rappelant que l’on remettra l’Iris hommage à André Forcier au Gala Québec Cinéma, madame Roederer a voulu qu’on imagine les chers disparus transportés en « Albinie » avec Frank (Michel Côté) et Bert (Guy L’Écuyer), tendres héros d’Au clair de la lune (1983). « J’aurais bien pris une pause », s’est exclamée Léane Labrèche-Dor.

Le Gala Artisans sera rediffusé dimanche à 18 h sur ICI Artv. Ce même soir, à 20 h, Édith Cochrane et Guylaine Tremblay animeront le Gala Québec Cinéma, en direct du studio 42 de la Maison de Radio-Canada, sur ICI Radio-Canada Télé et sur radio-canada.ca/galaquebeccinema.

Liste complète des lauréats

Iris de la meilleure direction de la photographie : Nicolas Bolduc – Hochelaga, terre des âmes (François Girard)

Iris de la meilleure direction de la photographie – film documentaire : François Messier-Rheault – Ta peau si lisse (Denis Côté)

Iris des meilleurs effets visuels : Alchimie 24 – Jean-François « Jafaz » Ferland – Les affamés (Robin Aubert)

Iris de la meilleure distribution des rôles : Emanuelle Beaugrand-Champagne | Nathalie Boutrie (Casting NB) | Frédérique Proulx – Les rois mongols (Luc Picard)

Iris de la meilleure coiffure : Réjean Forget, Ann-Louise Landry – Hochelaga, terre des âmes (François Girard)

Iris des meilleurs costumes : Mario Davignon – Hochelaga, terre des âmes (François Girard)

Iris du meilleur maquillage : Erik Gosselin, Marie-France Guy – Les affamés (Robin Aubert)

Iris du meilleur son : Jean-Sébastien Beaudoin Gagnon, Stéphane Bergeron, Olivier Calvert – Les affamés (Robin Aubert)

Iris du meilleur son – film documentaire : Catherine Van Der Donckt, Jean Paul Vialard – La part du diable (Luc Bourdon)

Iris du meilleur montage : Dominique Fortin – Chien de garde (Sophie Dupuis)

Iris du meilleur montage – film documentaire : Anouk Deschênes – Manic (Kalina Bertin)

Iris de la meilleure direction artistique : François Séguin – Hochelaga, terre des âmes (François Girard)

Iris de la meilleure musique originale : Pierre-Philippe « Pilou » Côté – Les affamés (Robin Aubert)

Iris du film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec : Les affamés – Robin Aubert | La maison de prod – Stéphanie Morissette

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