«La reine de la fête»: Maman retourne à l’université

Comédie gentille et conventionnelle sur l’«empowerment» au féminin, «La reine de la fête» ressasse tous les clichés du film de campus.
Photo: Warner Bros. Canada Comédie gentille et conventionnelle sur l’«empowerment» au féminin, «La reine de la fête» ressasse tous les clichés du film de campus.

Chaque année, la tradition américaine veut qu’un film traitant de maternité prenne l’affiche peu avant la fête des Mères. Eh bien, cette année, c’est au tour de Melissa McCarthy et de Ben Falcone, à qui l’on doit déjà deux comédies taillées sur mesure pour et par la première, Tammy et The Boss, de livrer leur offrande.

Deanna (McCarthy, drôle et tendre), quadragénaire fraîchement divorcée affectionnant les pulls à paillettes, s’inscrit à la même université que sa fille (Mollie Gordon) dans l’espoir de terminer ses études en archéologie. Gagnant instantanément le coeur des copines de sa fille et même celle de son asociale coloc (Heidi Gardner) grâce à ses sages conseils sur la confiance en soi, l’enthousiaste femme au foyer essuie toutefois les sarcasmes des vilaines filles. Une mise en beauté et une confrontation sur le plancher de danse viendront régler ce problème. La panique s’installe toutefois lorsque l’ex (Matt Walsh) de Deanna, sur le point de se remarier, menace de lui couper les vivres.

Comédie gentille et conventionnelle sur l’empowerment au féminin écrite par McCarthy et son réalisateur de mari, La reine de la fête ressasse tous les clichés du film de campus : soirée de beuverie, liaison d’un soir, fête costumée et initiation inclus. En fait, on croirait un croisement maladroit entre American Pie, Never Been Kissed et Old School. Mettant en scène une pléthore de godiches et de pimbêches, sans oublier une galerie de mâles risibles, le tout s’avale difficilement.

Certes, on y célèbre la solidarité et l’amitié féminines, de même que les relations mère-fille. On aura même droit à quelques scènes touchantes lorsque, en visite à la résidence de sa fille, Deanna reçoit les confidences de ses jeunes amies mal dans leur peau. On y chante aussi le charme des femmes mûres, tandis que Deanna fait craquer un bel étudiant. Dans la foulée, on ridiculise la génération Y, on ringardise la génération X et l’on s’attarde jusqu’au malaise sur les aléas de la préménopause. Un peu plus et on serait tombé dans le fatshaming. Heureusement, c’est le regard amoureux de Ben Falcone qui est derrière la caméra.

Toutefois, on ne saurait dire que le réalisateur s’avère un grand metteur en scène. Anonyme et fonctionnelle, sa mise en scène ne sert qu’à faire valoir Melissa McCarthy, moins irrévérencieuse et survoltée que dans Bridesmaids, qui éclipse tous ses partenaires. Il faut dire que si Deanna, au grand coeur de maman, pense d’abord aux autres, cela ne semble pas le cas de la star, qui se fait son cinéma. Bonne fête des Mères quand même.

La reine de la fête (V.F. de Life of the Party)

★★ 1/2

Comédie de Ben Falcone. Avec Melissa McCarthy, Mollie Gordon, Gillian Jacobs, Adria Arjona, Sarah Baker, Heidi Gardner et Matt Walsh. États-Unis, 2018, 105 minutes.