Regard glacé sur le bouddhisme

Le cinéaste de Fitzcarraldo a toujours fait alterner les documentaires avec ses fictions, les uns et les autres portant le poids de son regard sur le monde, ses rituels et ses mystères. À travers Wheel of Time, il suit le pèlerinage de milliers de bouddhistes jusqu'au mont Kailash, en Inde, pour une grande cérémonie annuelle présidée par le dalaï-lama, au cours de laquelle est fabriqué en sable le mandala aux chemins labyrinthiques, art éphémère destiné à devenir cendre. Wheel of Time se compose aussi d'entrevues avec le dalaï-lama réalisées en Autriche.

Attentif à capter le visage et les gestes des pèlerins, mais aussi à comprendre et à transmettre les rituels bouddhistes, Herzog livre un documentaire incantatoire et, disons-le, malgré la beauté des images et de la musique, parfois soporifique. Le mont Kailash, qui possède un caractère sacré pour les bouddhistes, est pourtant spectaculaire et certaines scènes montrant la solitude des moines face à l'immensité serrent le coeur. Mais peut-être que, faute de partager leur quête, Herzog demeure en retrait de son sujet, observateur glissant d'une image à l'autre sans s'y arrêter vraiment. Même les interviews avec le dalaï-lama semblent compassées.

Le documentaire québécois Lettre à un ami de Jorge Fajardo, qui captait la même cérémonie mais y greffait une quête personnelle, parvenait mieux à transmettre la ferveur religieuse et la quête d'infini que ce film d'Herzog. Ce dernier, avec son souci d'objectivité plus grand, nous entraîne en des univers qui demeurent trop ésotériques pour émouvoir vraiment.

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