Deux films consacrés à la musique à découvrir au FIFA

Image tirée du documentaire «La mission de Kent Nagano», réalisé par Nadja Frenz et Inge Kloepfer
Photo: Festival international du film sur l’art Image tirée du documentaire «La mission de Kent Nagano», réalisé par Nadja Frenz et Inge Kloepfer

Démocratiser la musique classique

Le grand mérite de La mission de Kent Nagano, des réalisatrices allemandes Nadja Frenz et Inge Kloepfer, est de nous faire découvrir comment est appréciée la démarche du maestro montréalais depuis son autre port d’attache musical, la Philharmonie de Hambourg. D’un côté à l’autre de l’océan, le chef d’orchestre oeuvre pareillement à la démocratisation d’une musique classique trop souvent perçue comme élitiste, ce qu’il déplore (on le voit d’ailleurs présenter Beethoven au sommet du G20, devant Trump, Trudeau, Macron, Poutine…), en dirigeant des initiatives visant à rapprocher les deux orchestres des Montréalais et des Hambourgeois. Ici, c’est par le programme La musique aux enfants à l’école St-Rémi-Annexe de Montréal-Nord ; là-bas, c’est en montant la Flûte enchantée de Mozart avec un orchestre de jeunes musiciens. Cette ouverture au monde, apprend-on dans le documentaire, lui fut inculquée par son premier professeur de musique récemment décédé. La visite riche en souvenirs qu’il fait de son ancienne demeure à Morro Bay, en Californie, en compagnie de son épouse et de sa fille, justifie à elle seule l’existence de ce film.

La mission de Kent Nagano
★★★

Documentaire de Nadja Frenz et Inge Kloepfer. Anglais, français, allemand, sous-titré en français. Allemagne, 2017, 46 minutes. Film sélectionné dans la catégorie FIFA Projections spéciales, présenté le 17 mars, 17 h 30, au Musée des beaux-arts de Montréal — Auditorium Maxwell-Cummings.

Un an dans la vie de « l’autre roi des Belges »

 Le mot est de Paris Match, qui titrait ainsi l’entrevue que lui accordait Arno au moment de la sortie de son plus récent album, Human Ignorance. Les sessions d’enregistrement de ce disque, un retour aux sources blues-rock pour le troubadour flamand, servent de toile de fond à ce premier documentaire consacré à l’icône de la chanson belge. Le réalisateur ne lâche pas d’une semelle Arno : en conversation avec ses musiciens, avec la maquilleuse d’un plateau télé, avec l’équipe technique des salles où il se produit — ce qui nous permet de réentendre les belles de son répertoire de plus de 500 chansons. Les images d’archives et les extraits d’entrevues offertes pendant ses 30 années de carrière en solo renforcent le sentiment de nostalgie qui, tout aussi présente dans son oeuvre que l’attitude punk, semble habiter de plus en plus le rockeur vieillissant et badin — des retrouvailles avec son amie Jane Birkins, tous deux accotés au bar et se remémorant leurs exploits, sera le moment emblématique de ce portrait tendre et sincère.

Arno — Dancing Inside my Head
★★★1/2

Documentaire de Pascal Poissonnier. Français, flamand, anglais, sous-titré en anglais. Belgique, 2016, 76 minutes. Film sélectionné dans la catégorie FIFA Compétition, présenté en première nord-américaine le 14 mars, 17 h 30, au Centre canadien d’architecture – Théâtre Paul-Desmarais.