Isla Blanca

Huit ans après avoir fugué à l’âge de 16 ans, Mathilde franchit le seuil de la maison familiale où se meurt sa mère. L’une des vertus de ce premier long métrage de Jeanne Leblanc est que les réactions des personnages et les enjeux sous-jacents à celles-ci sont évoqués, suggérés, jamais bêtement explicités. Impartie d’un budget minuscule, la cinéaste a mis à profit cette contrainte en concevant une oeuvre intime et campée pour l’essentiel en un seul lieu, la maison familiale, et en optant par surcroît pour une mise en scène de proximité. Les gros plans du visage changeant de Mathilde se succèdent, révélateurs de maintes tergiversations intérieures. Entre dureté de façade et blessure larvée, elle s’accroche à son mystère. Entourée de trois partenaires excellents, Charlotte Aubin s’avère prodigieuse. Ce qu’elle accomplit, son interprétation, est un privilège à regarder, à ressentir.

Notre critique complète

Horaire en salles

Isla Blanca (V.O.F.)

★★★ 1/2

Drame psychologique de Jeanne Leblanc. Avec Charlotte Aubin, Théodore Pellerin, Judith Baribeau, Luc Picard. Québec, 2018, 80 minutes.