Prendre le large

Après la délocalisation de l’usine textile où elle travaille depuis toujours, Édith, 45 ans, part à Tanger où l’attend un poste moins cher payé. Dans sa peinture du milieu ouvrier, le film s’avère un brin manichéen, mais le scénario coécrit par le réalisateur GaëlMorel (Après lui) et l’écrivain marocain Rachid O. s’attarde en réalité assez peu à cet aspect, préférant observer Édith alors qu’elle tisse des liens d’amitié avec la propriétaire de l’hôtel où elle loge ainsi qu’avec le fils de celle-ci. Cette complicité avec le jeune homme est un baume puisqu’Édith a quitté son propre fils sur un froid dont elle ne comprend pas la nature. Sur ce point, le film ne convainc guère, la relation mère-fils apparaissant plus écrite qu’incarnée. D’ailleurs, le conflit est résolu de manière trop facile lors d’un troisième acte — le plus faible — truffé de développements précipités. Mais il y a Sandrine Bonnaire, inspirée. Il y a ce sourire-là.

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Horaire en salles

Prendre le large

★★★

Drame social de Gaël Morel. Avec Sandrine Bonnaire, Mouna Fettou, Kamal El Amri, Lubna Azabal. France, 2017, 103 minutes.