«Junior majeur» – Une joute sans prétention

Antoine Olivier Pilon joue le rôle de Janeau dans «Junior majeur».
Photo: Les Films Séville Antoine Olivier Pilon joue le rôle de Janeau dans «Junior majeur».

À l’origine rivaux, puis amis par la force des choses et des succès sur la patinoire, Janeau (Antoine Olivier Pilon) et Joey (Rémi Goulet) passaient par toutes les émotions dans Pee-wee, l’hiver qui a changé ma vie (2012). Dans la suite intitulée Junior majeur, les deux personnages, tenus par les mêmes acteurs, retrouvent leurs sentiments en montagnes russes.

Complices et partenaires cette fois au sein d’un club de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), Janeau et Joey seront séparés après une (fausse) histoire de conduite en état d’ébriété. Quand la vérité éclate, elle entraîne l’amitié avec elle. Ne vous surprenez cependant pas si, au bout du compte, les hockeyeurs de 18 ans redeviennent copains. De toute façon, le récit, au bout de ses deux heures, appelle une troisième période qui sera sans doute, si elle se concrétise en long métrage, ponctuée autant d’amour-haine.

Entre Janeau et Joey, en libre arbitre et sage jeune femme, Julie (Alice Morel-Michaud) tente de faire raisonner les âmes troublées. Celle qui gardait les buts dans le premier film et qui joue désormais les journalistes sportives incarne l’évolution de cet univers campé dans la passion du hockey.

L’action centrale ne se déroule plus à l’aréna, mais à l’extérieur. Signe révélateur : il faut presque 90 minutes avant que Junior majeur plonge dans une vraie game, celle où s’affrontent les équipes au coeur de l’intrigue, celle de Saguenay et de Rouyn-Noranda.

Moralisateur à gros traits — attention, les jeunes, à l’alcool et aux textos au volant ; soyez honnêtes et assumez vos responsabilités ! —, Junior majeur demeure pourtant palpitant. Appuyé encore par les scénaristes de Pee-wee, le réalisateur Éric Tessier propose une énigme forte en rebondissements.

Les films de hockey abondent dans notre cinéma et celui-ci ne renouvelle pas le thème d’une trame avec enjeu sportif. Tessier ne fait que reproduire, à hauteur de jeunes adultes et sur fond d’un certain réalisme (ça sent le placement publicitaire des équipes de la LHJMQ), les mêmes pièges : la joute transpire la jalousie, la vengeance et le règlement de comptes vécus par les protagonistes dans leur vie extrasportive.

Ce qui sauve Junior majeur, quelque part, c’est l’absence de prétention. Fini l’enrobage 3D de l’opus précédent, affiché jusque dans le titre. Du coup, les scènes de hockey semblent cette fois plus naturelles, les angles de caméra, plus cohérents avec le jeu. Quand plans rapprochés ou ralentis il y a, ceux-ci répondent davantage à la narration qu’à la démonstration technique (du réalisateur).

Les acteurs, pour leur part, portent leurs personnages en véritables professionnels. Ils ont mûri et font vieillir le trio Janeau-Joey-Julie en toute justesse. La caricature russe, présente dans le premier film de cette trilogie annoncée, a quant à elle été heureusement abandonnée, excepté lors de deux scènes, l’introduction et l’épilogue. Faut bien nouer les épisodes.

En somme, Junior majeur est un film fort conventionnel, mais bien fignolé, et sans temps morts.

Junior majeur

★★★

Drame sportif d’Éric Tessier. Avec Antoine Olivier Pilon, Rémi Goulet, Alice Morel-Michaud, Claude Legault. Québec, 2017, 115 minutes.