«Thor: Ragnarok» – Si j’avais un marteau

Hela (Cate Blanchett, hystérique croisement entre Catwoman et Méduse) est la déesse de la Mort à qui le trône d’Asgard revient.
Photo: Walt Disney Pictures Canada Hela (Cate Blanchett, hystérique croisement entre Catwoman et Méduse) est la déesse de la Mort à qui le trône d’Asgard revient.

Superhéros le moins intéressant de la franchise Marvel, malgré ses origines divines et son physique à faire damner une sainte, Thor (Chris Hemsworth) reprend du collier dans ce troisième volet de ses aventures en solo. Aux antipodes des précédents épisodes aux pompeux accents shakespeariens, Thor : Ragnarok fait figure d’entremets indigeste, voire de mauvaise plaisanterie ou de pari perdu, jusqu’à la prochaine réunion de Thor et du reste de la bande dans Avengers : Infinity War — où les rejoindront les héros rigolos des Gardiens de la galaxie.

Certes, on ne saurait reprocher à Taika Waititi (Hunt for the Wilderpeople) de s’être éloigné de Kenneth Branagh (Thor, 2011) et d’Alan Taylor (Thor : Le monde des ténèbres, 2013). Ni de s’être rapproché de l’humour décalé et bon enfant des Gardiens de la galaxie. Pas qu’on s’attendait à un chef-d’oeuvre impérissable, mais saura-t-on lui pardonner d’avoir réalisé le pire épisode de l’entière série ? Tout au plus, on saluera son audace et son originalité.

Après quelques péripéties périlleuses au cours desquelles Thor (Chris Hemsworth, sur un mode désinvolte) retrouve son demi-frère Loki (Tom Hiddleston, qui a peu à faire pour éclipser son partenaire), les voilà projetés brièvement chez le Docteur Strange (Benedict Cumberbatch), qui les envoie retrouver leur père, le dieu Odin (Anthony Hopkins). Les frangins apprennent alors qu’ils ont une soeur aînée, Hela (Cate Blanchett, hystérique croisement entre Catwoman et Méduse), déesse de la Mort à qui le trône d’Asgard revient.

Voulant empêcher cette dernière de détruire leur royaume, comme le veut la prophétie du Ragnarok, Thor et Loki constatent qu’ils ne font pas le poids. Imaginez, la vilaine broie d’une seule main le marteau magique de Thor ! Propulsés sur une planète-poubelle, les deux larrons retrouvent Hulk (Mark Ruffalo), qui a oublié qu’il était le docteur Bruce Banner, et font la connaissance d’une Valkyrie badass (Thessa Thompson) et du maître des lieux, Grandmaster (Jeff Goldblum, qui paraît sous l’effet du Valium).

Écrit à l’emporte-pièce, le scénario se résume en une suite échevelée d’affrontements où les personnages se balancent des répliques dignes des plus médiocres sitcoms. Alors que se fait entendre Immigrant Song de Led Zeppelin, Taika Waititi, tel un geek enthousiaste aux commandes d’un nouveau jeu vidéo, en met plein la vue avec des scènes de batailles, d’explosions et de visions apocalyptiques. Malgré cela, Thor : Ragnarok se révèle bien inférieur à la plupart des films de superhéros qui pullulent au grand écran depuis trop longtemps.

Avec son humour débilitant et son esthétique empruntée aux navets psychotroniques des années 1960 et 1970 (votre rétine est avertie), cet épisode dérisoire donne à la plus que respectable Cate Blanchett l’occasion de cabotiner avec allégresse. Et du coup, de prouver que le ridicule ne tue pas.

Thor: Ragnarok

★ 1/2

États-Unis, 2017, 130 minutes. Drame fantastique de Taika Waititi. Avec Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Cate Blanchett, Mark Ruffalo, Thessa Thompson et Jeff Goldblum.