«Seuls les braves» – Guère de flammèches

La distribution est solide (ici Miles Teller et Josh Brolin), mais les comédiens travaillent manifestement très fort pour décrocher une nomination aux Oscar.
Photo: Sony Pictures La distribution est solide (ici Miles Teller et Josh Brolin), mais les comédiens travaillent manifestement très fort pour décrocher une nomination aux Oscar.

Depuis son lancement au Festival international du film de Toronto en septembre, le film Seuls les braves a généré le genre d’enthousiasme qu’espère tout studio à l’approche de la saison des Oscar. Un enthousiasme, on le précise, exclusif aux critiques américains. De fait, après la projection, on se demande vraiment si on a vu le même film qu’eux : au moment d’écrire ces lignes, l’agrégateur Rotten Tomatoes lui accordait la note parfaite de 100 %. Pour mémoire, ce drame conte l’histoire de l’équipe d’élite de sapeurs pompiers de Prescott, en Arizona, qui combattit l’incendie de Yarnell Hill, en 2013.

Entre tragédie et récit héroïque, Seuls les braves (Only the Brave) relate dans un premier temps comment Eric « Supe » Marsh (Josh Brolin) et ses hommes prirent du galon afin d’atteindre le grade de « hotshots », ces pompiers spécialisés dans les interventions en milieux sauvages. Dans un second temps, on suit le groupe lors de quelques interventions jusqu’à l’incendie fatidique de Yarnell Hill.

En plus de s’attarder à la vie personnelle du superintendant Marsh, qui vit un creux matrimonial avec sa conjointe Amanda (Jennifer Connelly), le scénario explore le parcours d’une recrue, Brendan « Donut » McDonough (Miles Teller), un jeune toxicomane récemment devenu papa et à présent résolu à marcher droit.

Aller voir «Seuls les braves» ou pas? La réponse de François Lévesque.

 

 

Scénario à numéros

Le problème n’est pas le sujet, cette histoire vraie valant la peine d’être racontée, mais bien la manière de l’aborder. Tout, ou presque, apparaît artificiel, plaqué, de la couleur locale aux relations entre les personnages. Tous impartis d’une psychologie primaire de machos avec le coeur à la bonne place, les protagonistes ne dépassent jamais le statut d’archétype. D’ailleurs, le scénario proprement dit obéit à une structure connue et prévisible : celle d’un film de guerre standard.

On a ainsi le meneur d’hommes plus grand que nature, la recrue qui a tout à prouver aux autres mais surtout à elle-même, le comique du peloton (Taylor Kitsch), etc. Il en va de même pour le déroulement, de l’entraînement aux simulations sur le terrain, le tout culminant lors d’une mission périlleuse en territoire ennemi, ici un brasier plutôt qu’une contrée étrangère.

À ce propos, l’un des coscénaristes est Ken Nolan, coscénariste du drame de guerre La chute du faucon noir (Black Hawk Down), oeuvre supérieure datant de 2001. Or, Nolan est aussi le coscénariste de Transformers : le dernier chevalier (Transformers : Last Knight), sorti cet été et déjà oublié. Voilà qui remet les choses en perspective.

Réalisation superficielle

Tout s’enchaîne donc comme on s’y attend, et cela, que l’on ait entendu ou non parler des événements de 2013. La mise en scène est à l’avenant. Réalisateur de Tron 2 et bientôt de Top Gun 2, Joseph Kosinski, semble en effet plus préoccupé par la joliesse de ses images que par la valeur narrative de celles-ci.

La distribution est solide, mais les comédiens travaillent manifestement très fort pour décrocher une nomination aux Oscar. L’Académie privilégiant en général les performances « voyantes » plutôt que l’intériorité, peut-être certains seront-ils exaucés.

Chose certaine, la critique américaine est d’ores et déjà de leur côté.

V.O.A. : Cinéma Côte-des-Neiges, Cinéplex Odéon Cavendish, Cinéplex Odéon Forum (ancien AMC), Colisée Kirkland, Des Sources-10, Famous Players Carrefour Angrignon, Méga-Plex Lacordaire 16, Méga-Plex Marché Central 18, Méga-Plex Sphèretech 14.

V.O.A. : IMAX Cinéplex Odéon Forum (ancien AMC).

Seuls les braves (V.F. de Only the Brave)

★★

Drame de Joseph Kosinski. Avec Josh Brolin, Miles Teller, Taylor Kitsch, Jeff Bridges, Jennifer Connelly. États-Unis, 2017, 133 minutes.