«Expo 67 Live» sur écran géant sur les murs de la Place des Arts

Karine Lanoie-Brien entourée de maquettes d’Expo 67 Live
Photo: ONF Karine Lanoie-Brien entourée de maquettes d’Expo 67 Live

À Montréal, le sol tremblait sous l’assaut du dynamitage causé par la construction du métro et celle de l’île Notre-Dame, qui devait accueillir l’Exposition universelle de Montréal. La frénésie était dans l’air, et n’a cessé de grandir jusqu’à la fin de l’été.

C’était en 1967, et Karine Lanoie-Brien, qui a 41 ans cette année, n’était pas encore née. Cela ne l’a pas empêchée de fouiller dans les innombrables archives de cette période, pour reconstituer la frénésie indescriptible qui a accompagné l’Expo, il y a 50 ans. Cela a donné le projet Expo 67 Live, qui sera projeté sur écrans géants, sur les murs extérieurs de la Place des Arts, à Montréal du 18 au 30 septembre.

En entrevue, Karine Lanoie-Brien reconnaît qu’elle n’a fait à peu près que ça durant des mois : visionner les séquences des quelque 5000 films qui ont été tournés durant le fameux été de l’Exposition universelle, pour finalement sélectionner quelque 1000 plans d’archives. Puis, avec l’équipe du Studio Couleur TV, il a fallu numériser et retravailler ces archives pour en faire un film sur écran géant qui donnerait l’impression d’y être de nouveau. « Je voulais que le ciel ait l’air d’un vrai ciel et que les arbres aient l’air de vrais arbres », dit-elle.

Le tout sera porté sur 435 pieds linéaires d’écrans et accompagné d’une trame sonore projetée par 45 haut-parleurs. Toute la musique de cette trame est intimement liée à Expo 67. Karine Lanoie-Brien a même écrit personnellement à Yoko Ono et à Ringo Starr pour obtenir le droit d’utiliser 17 secondes de la bande-son de Lucy in the Sky with Diamonds, des Beatles, qui avait été diffusée en première nord-américaine, à la Ronde en 1967, à l’extérieur du pavillon de la Jeunesse.

C’est par un tour de passe-passe qu’une proche du pavillon de la Jeunesse, qui travaillait pour British Airways, avait pu obtenir un long jeu de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club band, qui était lancé à Londres, pour le faire tourner sur les tables tournantes d’Expo 67, raconte Karine Lanoie-Brien en entrevue.

Photo: ONF L’adaptation des archives d’Expo 67 représentait un énorme défi technique.

Pour les générations

Expo 67, c’est une série d’anecdotes comme celle-là, ajoute la réalisatrice-conceptrice, qui a finalement obtenu un « oui », de la succession des Beatles, après avoir remué mer et monde, et obtenu l’appui de Dominic Champagne, pour y arriver…

L’adaptation des archives d’Expo 67 représentait un énorme défi technique, puisque l’équipe a dû travailler essentiellement avec des séquences dispersées de quelques secondes chacune, pour en faire un film de 27 minutes. Dans les studios de Couleur TV, on peut voir comment le site de l’Expo a été patiemment reconstitué à partir de ces archives, pour que les visiteurs du site de la Place des Arts puissent véritablement avoir l’impression d’être sur l’île Notre-Dame, il y a 50 ans…

L’idée de ce projet, qui est produit à l’ONF par le producteur René Chénier, est de permettre aux générations qui n’ont pas connu Expo 67 de se replonger dans son ambiance éclatée. Pour beaucoup, l’Expo a d’ailleurs été un moment de transformation. Alors qu’au début, les gens s’y rendaient en habit et en robe de soirée, à la fin de l’été, les jeunes y allaient en jeans et en tee-shirt. Ce sont leurs enfants qui vont s’y rendre aujourd’hui…

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