«Surfer sur la grâce» — De film de skate à portrait intimiste

De film de skate à portrait intimiste, ce documentaire s’avère une réflexion originale sur la création sur fond d’émouvantes et tendres retrouvailles entre frères.
Photo: Spira De film de skate à portrait intimiste, ce documentaire s’avère une réflexion originale sur la création sur fond d’émouvantes et tendres retrouvailles entre frères.

Durant cinq ans, le réalisateur David B. Ricard a suivi son frère cadet, Louis, champion de slalom en skate, à travers le monde dans l’espoir de retrouver la complicité qu’ils partageaient dans leur jeunesse. Bien que peu enclin aux confidences et aux réflexions à voix haute, Louis accepte de se prêter à l’exercice.

Entre les prises de vue lyriques du directeur photo Léo Lecours Pelletier, les deux frères échangent des propos sur un ton badin, lequel trahit leur malaise, leur rivalité à peine voilée, leurs réticences à dire réellement ce qu’ils pensent. Chez le premier, on sent l’appréhension d’échouer ; chez le second, une part d’incompréhension devant la démarche artistique de son aîné.

Alors que David B. Ricard avance à tâtons, se remet constamment en question, se rappelle à l’ordre à l’aide de cartons, Surfer sur la grâce subit d’imperceptibles mutations. De film de skate à portrait intimiste (trop personnel au goût du champion), en passant par la réflexion sur la compétition et sur l’ambition, ce documentaire aux contours expérimentaux s’avère une réflexion originale sur la création sur fond d’émouvantes et tendres retrouvailles entre frères.

Surfer sur la grâce

★★★

Documentaire de David B. Ricard. Canada (Québec), 2016, 60 minutes.