«Risk»: dans l'ombre de Julian Assange

Le film montre Assange dans son environnement de travail.
Photo: Mongrel Media Le film montre Assange dans son environnement de travail.

Julian Assange est un paradoxe vivant : prêchant la transparence absolue, le fondateur de WikiLeaks s’entoure lui-même d’un mystère savamment entretenu. Ce qu’établit Laura Poitras dans son documentaire Risk, elle dont le précédent Citizenfour, consacré au dénonciateur Edward Snowden, lui a valu un Oscar.

Amorcé en 2010 dans la foulée de la première mise au jour de secrets d’État par WikiLeaks, le film montre Assange dans son environnement de travail, toujours en voie de dévoiler de nouveaux scandales de corruption, de malversation, d’espionnage… Bénéficiant d’un accès, en apparence en tout cas, illimité à son sujet et à la machine (logistique, légale) qui l’entoure, Poitras l’a suivi à la trace, y compris après que deux femmes l’eurent accusé de viol, avec tribulations légales puis fuite à l’ambassade de l’Équateur à Londres.

La documentariste lève parallèlement le voile sur une communauté de l’ombre fascinante, à savoir celle des pirates informatiques, nombre d’entre eux gravitant autour d’Assange. À noter que le film a été enrichi tout récemment afin de faire écho à la présidentielle américaine, lors de laquelle le nom de Julian Assange circula beaucoup, souvent associé à un autre : Vladimir Poutine. À la fin, une question lancinante trotte dans la tête du spectateur : Assange, ami ou ennemi de la démocratie ?

Horaire en salles

Risk

★★★ 1/2

États-Unis, 2016, 87 minutes. Film de Laura Poitras.