«Je suis le peuple»: Louxor bucolique

Le film épouse le rythme lent de la vie campagnarde.
Photo: Unifrance Le film épouse le rythme lent de la vie campagnarde.

Alors qu’elle souhaitait y tourner un documentaire sur le tourisme, la cinéaste française Anna Roussillon a croisé la route de Farraj, paysan vivant modestement avec sa famille à Louxor. De retour en France au moment où éclata la révolution égyptienne, la réalisatrice a alors eu l’idée de retourner à Louxor afin d’y recueillir les réflexions de Farraj.

C’est ainsi que, de janvier 2011 à l’été 2013, Anna Roussillon a tâté le pouls du peuple loin des manifestations de la place Tahrir, au Caire. Épousant le rythme lent de la vie campagnarde, elle a recueilli patiemment les propos, tantôt teintés de mauvaise foi, tantôt empreints de naïveté, de Farraj et de son entourage, qui commentent l’actualité brûlante qu’ils découvrent à la télé et dans les journaux.

Discrète derrière sa caméra, Roussillon prend le temps de composer de jolies images de la campagne louxorienne tandis que les travailleurs font une pause bien méritée dans les champs, que les enfants jouent et que la femme de Farraj lui reproche d’être comme un homme. Bien que le tout s’avère un émouvant témoignage à hauteur d’homme, où l’on sent parmi les intervenants un mélange d’amertume, d’espoir et de résignation, Je suis le peuple trace un portrait par trop sommaire de la crise sociopolitique ayant embrasé l’Égypte.

Horaire en salles

Je suis le peuple

★★★

France-Égypte, 2014, 111 minutes. Film d’Anna Roussillon.