Sundance met l’accent sur le climat pour provoquer

L'acteur américain et fondateur du festival Sundance, Robert Redford
Photo: Valérie Macon Agence France-Presse L'acteur américain et fondateur du festival Sundance, Robert Redford

Le festival de Sundance, grand-messe du cinéma indépendant où sont dévoilées chaque année quelques pépites qui se retrouvent dans la course aux Oscar, s’ouvre ce jeudi avec un accent sur le changement climatique.

Ce rendez-vous annuel dans les montagnes de l’Utah, fondé par la légende du cinéma américain Robert Redford, programme 118 titres pour sa 33e édition.

« Le festival cette année […] démontre que l’art peut mobiliser, provoquer et connecter les gens à travers le monde », a commenté Robert Redford, 80 ans, dans un communiqué.

Lancé en 1985 pour faire contrepoids à la domination des studios d’Hollywood, Sundance célèbre les nouveaux talents et braque les projecteurs sur des cinéastes qui travaillent en dehors des « majors » du cinéma américain.

En 2016, 46 600 personnes s’étaient pressées dans la station de ski de Park City.

La projection de Manifesto, où la star australienne Cate Blanchett joue 13 personnages différents récitant de célèbres manifestes artistiques, devrait faire partie des temps forts du festival, qui dure jusqu’au 29 janvier.

A Ghost Story, de David Lowery, avec Rooney Mara et Casey Affleck — qui vient de recevoir un Golden Globe et fait office de favori pour les Oscar —, est aussi l’un des titres les plus attendus, tout comme Landline, comédie avec John Turturro et Edie Falco.

The Yellow Birds, réalisé par le Français Alexandre Moors, suit deux soldats en Irak face aux conséquences d’une horrible tragédie et met en scène l’étoile montante Alden Ehrenreich aux côtés de Toni Collette et Jennifer Aniston.

Actualité brûlante

Pour la première fois, Sundance présente une section consacrée à un thème d’actualité brûlant : le changement climatique, avec 14 films programmés. « Mon propre engagement contre le changement climatique a démarré il y a plus de 40 ans et l’urgence que j’ai ressentie n’a fait que croître étant donné […] ses conséquences de plus en plus critiques », a souligné Redford dans le communiqué.

« Si nous voulons éviter les scénarii du pire, nous devons agir de façon audacieuse et immédiate, même face à l’indifférence, l’apathie et l’opposition », a-t-il ajouté.

An Inconvenient Sequel, la suite dix ans après du documentaire phénomène avec Al Gore Une vérité qui dérange, devrait mettre en image les conséquences du réchauffement de la planète. Réalisé par Bonni Cohen et Jon Shenk, le film suit l’ex-vice-président américain pendant qu’il poursuit sa campagne en faveur d’un avenir plus durable pour la Terre.

Redford répète souvent que le festival doit rester en dehors de la politique, mais c’est un précepte difficile à tenir à quelques jours de l’arrivée à la Maison-Blanche du républicain Donald Trump, qui nie la réalité du changement climatique.

Trumped : Inside the Greatest Political Upset of All Time offre un aperçu depuis les coulisses de la victoire-surprise du président désigné sur la démocrate Hillary Clinton.

D’autres documentaires sélectionnés traitent de la mort toujours non élucidée de la reine de beauté de six ans JonBenet Ramsey en 1996, de la chute du tabloïd en ligne Gawker précipitée par l’affaire Hulk Hogan, de la crise en Syrie et du groupe djihadiste État islamique.

Ces dernières années, beaucoup de films dévoilés en première mondiale au festival — une centaine cette année — ont généré des critiques élogieuses, et certains réalisateurs, comme Quentin Tarantino et Steven Soderbergh, y ont fait leurs armes.

Les révélations des dernières années comptent Les bêtes du Sud sauvage, Whiplash ou encore Manchester by the Sea avec Casey Affleck.

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