Trois femmes à la conquête des étoiles

Ce drame historique regorge de scènes choquantes qui font encore cruellement écho, mais «Les figures de l’ombre» s’avère un film optimiste et tonique.
Photo: 20th Century Fox Ce drame historique regorge de scènes choquantes qui font encore cruellement écho, mais «Les figures de l’ombre» s’avère un film optimiste et tonique.

Si l’histoire a retenu le nom de John Glenn (charmant Glen Powell), on ne peut en dire autant des noms de la mathématicienne Katherine Johnson, de l’informaticienne Dorothy Vaughn et de l’ingénieure Mary Jackson (éblouissantes et conquérantes Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae). Or, sans ces trois brillantes scientifiques afro-américaines, l’astronaute n’aurait peut-être jamais conquis l’espace.

Éclatante page d’histoire méconnue de l’histoire des Noirs, Les figures de l’ombre, de Theodore Melfi, rend un vibrant hommage à ces fières et courageuses pionnières. Avec un soupçon d’humour, une grande humanité et du panache à revendre, le réalisateur rappelle qu’en plus du sexisme ordinaire, ces femmes ont dû chaque jour se battre contre le racisme systémique de l’Amérique ségrégationniste.

Il en faudra, du temps, à Al Harrison (formidable Kevin Costner), chef de la mission Friendship 7 du projet Mercury, pour découvrir que Katherine perd des minutes précieuses sous prétexte qu’elle ne peut utiliser les mêmes toilettes que ses consoeurs et doit se rendre dans un autre pavillon. La lutte sera longue pour Mary, qui voudra entrer à l’université afin d’y décrocher un diplôme d’ingénierie. Elle le sera tout autant pour Dorothy, qui essuie le froid refus de sa supérieure hiérarchique (impeccable Kirsten Dunst) chaque fois qu’elle lui demande le titre de superviseur du département d’informatique… qu’elle supervise déjà.

Alors qu’il raconte les ambitions et déceptions de la NASA, coiffée au poteau par les Russes qui venaient d’envoyer Youri Gagarine dans l’espace, Melfi dénonce sans détour le mépris, l’hypocrisie ou l’indifférence du personnel blanc à l’égard des gens de couleur dans l’atmosphère clinique de la NASA. Ce faisant, il évoque en catimini le climat de violence des années 1960.

Certes, ce drame historique regorge de scènes choquantes qui font encore cruellement écho. Mais avec sa direction artistique pimpante et l’entraînante trame sonore de Pharrell Williams, Les figures de l’ombre s’avère un film optimiste et tonique qui fait du bien et qui force l’admiration envers ces femmes injustement négligées par les historiens.

Les figures de l’ombre (V.F. de Hidden Figures)

★★★★

États-Unis, 2016, 127 minutes. Drame historique de Theodore Melfi. Avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monae, Kevin Costner, Kirsten Dunst, Jim Parsons et Glen Powell.