L’appel de la mer

«Moana» est un charmant récit d’aventures aux rebondissements loufoques, fantaisistes et périlleux.
Photo: Buena Vista «Moana» est un charmant récit d’aventures aux rebondissements loufoques, fantaisistes et périlleux.

Depuis l’apparition de Merida dans Rebelle en 2012, les studios Disney ont enfin compris que les fillettes raffolaient des princesses qui n’ont pas besoin de tomber dans les pommes, de dormir 100 ans ou d’aller au bal pour embrasser un destin palpitant. C’est donc avec grand bonheur qu’elles feront la connaissance de Moana, première princesse polynésienne de Disney, qui les amènera au pays de Lilo et Stitch sans avoir besoin d’un prince charmant pour trouver un sens à son existence.

S’inspirant des mythes polynésiens, Ron Clements et John Muskers (La petite sirène, Aladdin, La princesse et la grenouille), solidement secondés par un bataillon de scénaristes, ont concocté un haletant récit d’aventures aux accents environnementalistes qui saura ravir petits et grands. Visuellement sublime avec ses paysages luxuriants aux couleurs chatoyantes et son imagerie marine à faire pâlir d’envie Nemo et Ariel, Moana nous transporte d’abord il y a 3000 ans alors que le peuple polynésien parcourait les mers afin de conquérir les îles que repêchait avec son hameçon magique Maui (voix d’Anthony Kavanagh dans la version française, ou de Dwayne Johnson dans la version originale).

Demi-dieu polymorphe du vent et de la mer, Maui eut la mauvaise idée de dérober un bijou à la déesse Te Fiti, mère des îles du Pacifique, provoquant la colère de celle-ci et forçant les Polynésiens à ne plus jamais explorer la mer. Quelque 1000 ans plus tard, Moana (Cerise Calixte ou Auli’i Cravalho) retrouve sur la plage ce bijou représentant le coeur de la déesse. Afin de sauver son peuple d’une malédiction ancestrale, la jeune fille apprend par sa grand-mère qu’elle devra rapporter le bijou à Te Fiti. Accompagnée de son coq idiot, Moana s’embarque en mer où elle ne croisera nul autre que Maui.

D’un graphisme gracieux rappelant le raffinement de La reine des neiges, Moana ne s’avère pas qu’un pur ravissement pour la rétine. De fait, avec ses entraînantes chansons signées Lin-Manuel Miranda (Hamilton), ce magnifique film d’animation trouvera grâce aux oreilles des mélomanes. Toutefois, il y a fort à parier que Miranda, à l’instar de l’auteure de la chanson Libérée, délivrée, doive s’excuser auprès des parents exaspérés par leurs enfants écoutant en boucle les vers d’oreille de Moana.

Hormis ce petit inconvénient, Moana demeure un charmant récit d’aventures aux rebondissements loufoques, fantaisistes et périlleux, doublé d’une émouvante quête initiatique. À travers sa jeune héroïne au caractère bien trempé, le tout s’avère également un hymne à l’affirmation de soi et à l’appartenance culturelle où l’humour, l’émotion et la poésie font bon ménage.

Moana (V.O.A. et V.F.)

★★★★

États-Unis, 2016, 103 minutes. Film d’animation de Ron Clements et John Muskers. Avec les voix de Cerise Calixte et Anthony Kavanagh.

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