À voir à la télévision le mardi 2 mars - La rebelle d'Hollywood

On l'a surnommée la rebelle d'Hollywood, mais l'étiquette de martyre lui conviendrait mieux. Frances Farmer fut une étoile filante dans le cinéma américain des années 1930, reconnue par le public pour sa beauté et par les producteurs de la Paramount Pictures pour son tempérament fantasque. Son ascension fut fulgurante, mais rien ne fut aussi rapide que son plongeon dans le trou noir de l'oubli.

Si l'on se souvient encore aujourd'hui de la vedette de Come and Get It (1936), son seul grand succès, tourné par Howard Hawks et William Wyler, c'est surtout grâce à Jessica Lange qui, en 1982, faisait d'elle une héroïne de tragédie grecque dans Frances, de Graeme Clifford. Sacrifiée sur l'autel du conformisme — ses patrons ainsi que sa mère (merveilleuse Kim Stanley) voulaient voir dans son refus de se soumettre à l'autorité et son goût prononcé pour l'alcool un déséquilibre mental profond —, l'actrice paiera cher, très cher, son désir d'indépendance, elle qui voulait briller à Broadway plutôt qu'à Hollywood. Trahie par le dramaturge Clifford Odets, qui s'est servi de sa renommée pour réussir à produire une de ses pièces, Frances Farmer revient en Californie totalement défaite. L'amour fidèle mais trop souvent à distance d'Harry York (Sam Shepard) ne suffira pas à l'éloigner des électrochocs ainsi que d'une lobotomie...

On a peine à croire que les hôpitaux psychiatriques ressemblaient à cet enfer moyenâgeux décrit dans Frances. Dortoirs puants et bondés, agressions multiples du personnel soignant sur des malades utilisés comme cobayes pour des expériences proches de la boucherie, nous sommes loin du glamour qui a trop brièvement entouré cette femme que l'on disait instable et capricieuse alors qu'elle ne voulait qu'être libre.

Frances Artv, 20h