Le coeur battant de la vie

Anne Dorval incarne Claire, une mère de deux jeunes adultes qui souffre d’une maladie cardiaque dégénérative.
Photo: Photos source Cinemania Anne Dorval incarne Claire, une mère de deux jeunes adultes qui souffre d’une maladie cardiaque dégénérative.

Simon (Gabin Verdet) aime le vélo. Après avoir osé aborder une jeune fille qui lui plaît, il fonce sur sa bécane pour la rejoindre au terme de son trajet de transport en commun, le coeur battant. Ce coeur battant, c’est bientôt à peu près tout ce qui restera de Simon, frappé dans un accident de la route fatal, au retour d’un voyage de surf, et plongé dans un état de mort cérébrale. Reste donc ce coeur battant qui sera offert à la science comme don d’organe par ses parents (Emmanuelle Seigner, Kool Shen) et qui est promis à Claire (Anne Dorval), une mère de deux jeunes adultes qui souffre d’une maladie cardiaque dégénérative.

Réparer les vivants, le dernier film de la réalisatrice française Katell Quillévéré, suit le parcours fragile de ce coeur battant entre deux êtres, avec, en toile de fond, ce qu’il charrie d’interrogations, comme « où se loge l’amour ? », « où se loge la mémoire des sentiments ? ». Suspendue aux écrans qui enregistrent les battements cardiaques, une chaîne de professionnels se consacre à emmener ce coeur à bon port, à tracer ce lien entre un donneur et un receveur qui resteront pour toujours l’un à l’autre anonymes.

Il y a aussi quelque chose de fabuleux dans le fait de voir se loger le coeur d’un jeune homme de 17 ans dans le corps fatigué d’une femme d’âge mur.

De facture sobre, le film se déroule en grande partie dans des couloirs d’hôpitaux, où l’on pleure la mort d’un être aimé, où l’on tente de convaincre un couple en deuil de faire profiter d’autres personnes des restes de leur fils et où l’on attend les résultats d’une opération complexe et risquée. Les comédiens rendent à merveille cette atmosphère d’inquiétude contenue, où les choses de la vie quotidienne côtoient les décisions et les tournants irrévocables de la vie. Mieux connue pour ses rôles de bombe sexuelle, Emmanuelle Seigner y campe superbement son rôle de mère abîmée, terrassée par la mort de son fils. Magnifique en blond démon amoureux, Gabin Verdet y laisse l’empreinte indélébile d’une jeunesse sacrifiée. Anne Dorval est aussi ici adoucie dans son rôle de mère vulnérable, dépendante et essoufflée.

Réparer les vivants est inspiré du roman du même nom de Maylis de Karangal, qui aurait été offert à Katell Quillévéré par le coproducteur du film, David Thion. Celle-ci a dit l’avoir lu d’un seul trait, lors d’un voyage en train, et en avoir été hantée depuis lors.

Le film sera présenté dans le cadre de Cinemania, au cinéma Impérial à Montréal, ce vendredi à 18 h et le 13 novembre à 15 h, et prendra l’affiche en salle au mois de janvier.

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