Complètement dada !

Parmi les films à ne pas manquer, le documentaire de Marina Rumjanzewa, «Le principe dada»
Photo: Source FNC Parmi les films à ne pas manquer, le documentaire de Marina Rumjanzewa, «Le principe dada»

Mouvement intellectuel, littéraire et artistique, Dada ou le dadaïsme serait né au Cabaret Voltaire, à Zurich, le 8 février 1916. Entouré notamment d’Hugo Ball, d’Hans Arp et d’Hans Richter, Tristan Tzara en aurait trouvé le nom à l’aide d’un coupe-papier glissé dans un dictionnaire Larousse franco-allemand. Né du dégoût de la guerre, Dada se veut un mouvement subversif et provocateur prônant entre autres le doute, la spontanéité et la joie de vivre. « Dada travaille avec toutes ses forces à l’instauration de l’idiot partout », clamait Tzara dans Les sept manifestes Dada.

Quelque 100 ans plus tard, le 45e Festival du nouveau cinéma célèbre Dada en proposant une série d’activités où la Suisse, berceau du dadaïsme, tient une place de choix. Ainsi, parmi les films à ne pas manquer, mentionnons celui de Marina Rumjanzewa, Le principe dada. Tourné à Zurich, New York, Paris et Berlin, ce documentaire de la télévision suisse s’intéresse aux influences de Dada chez les plus remarquables artistes anticonformistes tels David Bowie et Terry Gilliam. (7 et 11 octobre, Cinémathèque)

Dada numérique

Dans le plus pur esprit dada, le FNC convoque le public à participer au Grand Dada Manifesto en compagnie d’artistes, d’apatrides, de lanceurs d’alerte des quatre coins de la planète afin de rédiger collectivement un manifeste dada numérique à la Chaufferie du Pavillon Coeur des sciences. L’événement sera suivi par un concert du Gipsy Kumbia Orchestra, qui combine percussions colombiennes et fanfares gitanes, et d’une prestation de DJ Tzarathoustra à l’Agora. (8 octobre)

À l’INIS, Arthur Tzara et Tristan Cravan sont les hôtes de la démo-débat de Dada-data. Lancé le jour du 100e anniversaire de Dada, ce documentaire interactif d’Anita Hugi et David Dufresne, avec la complicité du studio Akufen, a remporté le prix Numix de la meilleure oeuvre numérique cette année. (14 octobre)

Inspirée de Dada-Data, l’installation interactive La garde des studios suisses Fragment.IN et Superlife se veut un hommage à Sophie Taeuber-Arp, peintre et sculptrice suisse ayant contribué aux mouvements dadaïste et surréaliste. L’installation permet aux visiteurs de manipuler une marionnette dont les fils les relient à leur identité GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). (Espace culturel Georges-Émile-Lapalme, jusqu’au 16 octobre)

Ciné dada

Dada, c’est aussi du cinéma. Et de grands artistes de ce mouvement s’y sont illustrés avec éclat. Parmi ces oeuvres marquantes, mentionnons les courts métrages Entr’acte de René Clair, d’après un scénario surréaliste de Francis Picabia, Ballet mécanique, chef-d’oeuvre expérimental de Fernand Léger et Dudley Murphy, et Anémic Cinéma, de Marcel Duchamp, où des calembours dansent sur des spirales. Ces films à voir ou à revoir absolument se retrouvent dans le volet Dada ou le cinéma pur. (9 octobre, Cinémathèque)

Courts suisses

Parce que la Suisse, ce n’est pas que du chocolat, le FNC propose Suisse mon amour !, programme regroupant la crème des courts métrages suisses grâce à la collaboration du Festival de Locarno, du Geneva International Film Festival Tous Écrans, de l’Internationale Kurzfilmtage Winterthur et des Journées de Soleure. (8 octobre, Cinémathèque)

Enfin, du 13 au 15 octobre, la 3e édition des Rencontres pancanadiennes du cinéma étudiant permettra à 13 étudiants de l’École cantonale d’art de Lausanne de présenter trois de leurs films et d’échanger avec des étudiants en cinéma de 13 universités canadiennes. Comme quoi, la relève, dada ou pas, ça se prépare ! (Cinéma du Parc, Pavillon Judith-Jasmin)