Bilan des Rendez-vous du cinéma québécois - Les critiques craquent pour Gaz Bar Blues

Louis Bélanger, réalisateur de Gaz Bar Blues.
Photo: Jacques Grenier Louis Bélanger, réalisateur de Gaz Bar Blues.

La vague déferlante qui porte au ciel Les Invasions barbares tant aux Jutra qu'aux césars français se sera brisée aux pieds des 22es Rendez-vous du cinéma québécois, clôturés à Montréal hier après dix jours d'effervescence cinématographique. C'est Gaz Bar Blues de Louis Bélanger, qui y a récolté à la fois le prix du Public et celui du meilleur long métrage québécois décerné par l'Association des critiques de cinéma du Québec (AQCC), coiffant au poteau le film d'Arcand.

En cette année faste pour notre septième art, cette édition des Rendez-vous fut un franc succès, avec 65 % de hausse de fréquentation dans les quatre lieux de projection. Au Bistro de la Cinémathèque, cadre de 5 à 7 thématiques et de rencontres professionnelles matinales, cette augmentation de la fréquentation a atteint les 110 %.

D'autres lauriers furent décernés hier à la clôture des Rendez-vous. Le prix de la création artistique du CALQ a été attribué à Entre la science et les ordures de Pierre Hébert et Bob Ostargag, prolongement vidéo de leur spectacle multimédia sur le rôle dans déchets dans notre société. Dans cette catégorie, une mention spéciale fut attribuée à Amelia d'Édouard Lock, adapté de son bondissant spectacle du même nom.

Le prix Pierre et Yolande Perrault du meilleur espoir documentaire a couronné Chronique urbaine de Yanick Létourneau, regard sans complaisance sur la marginalité de jeunes chanteurs hip hop dans un Québec qui les ignore. Une mention fut accordée à L'Horloge interne de Frank Wimart qui aborde l'univers de Denis, un horloger qui vieillit deux fois moins vite que le reste des gens, et pour qui la notion de temps a ses définitions propres.

Le laurier du meilleur premier scénario de long métrage de fiction mis à l'écran décerné par Radio-Canada est allé à Ma voisine danse le ska de Nathalie Saint-Pierre, dont le jury a salué la finesse et l'audace. Quant au prix OFQJ/Rendez-vous pour la meilleure première oeuvre étudiante, il fut décerné à Plus ou moins trente de Michel Lam, sur fond de maladie, d'hôpital et de vie.

Outre sa palme à Gaz Bar Blues, l'AQCC a donné le titre de meilleur court ou moyen métrage de fiction à Simon Lavoie pour Corps étranger, lancinant chassé croisé d'incommunicabilité entre un homme et une prostituée. Une mention spéciale fut accordée à Léo de Nicolas Roy, pudique récit de l'épreuve initiatique d'un jeune campagnard aux côtés de son père. Le Prix du meilleur court ou moyen métrage documentaire a couronné The Art of Autobiography de Dana Inkser, double portrait de personnalités socialement engagées. Une mention spéciale fut donnée à La Cueca Sola de Marilu Mallet abordant des femmes debout face à la dictature chilienne.

Le Prix Claude-Jutra du meilleur espoir de l'année fut attribué à Si le temps le permet d'Elisapie Isaac, fine réflexion sur la culture inuite entre passé et devenir. Du 1er au 5 mars prochains, Les Rendez-vous du cinéma québécois se déplaceront dans la ville de Québec.