La Hongrie au programme

«Mon XXe siècle», par Ildiko Enyedi
Photo: Cinémathèque québécoise «Mon XXe siècle», par Ildiko Enyedi

Un important cycle s’amorce jeudi à la Cinémathèque. Présenté jusqu’au 27 septembre dans le cadre de la semaine culturelle hongroise Montréal-Budapest, l’événement Redécouverte du cinéma hongrois rassemblera des films phares de cinéastes tels Márta Mészáros, Miklós Jancsó et Bela Tarr.

La sélection réunit 37 oeuvres dont la majorité ont été réalisées entre les années 1960 et 1980, soit après l’amnistie générale de 1963, période féconde durant laquelle deux écoles antithétiques mais curieusement complémentaires s’imposèrent dans le cinéma hongrois : celles des réalistes et des formalistes.

Parmi les incontournables, Les sans-espoir, de Miklós Jancsó, sur la traque dont furent victimes les révolutionnaires de 1848 après le Compromis austro-hongrois de 1867. Réalisé par Ildiko Enyedi, Mon XXe siècle relate les existences parallèles de jumelles dont l’une devient courtisane et l’autre, féministe, dans le Budapest de 1900.

Conçu comme un flot de pensées rendant compte de l’évolution des sentiments qui unissent deux amis d’enfance, Lovefilm, d’István Szabó, fait un usage extrêmement sophistiqué du montage.

Chef-d’oeuvre précoce

Instigateur de ce que le théoricien András Bálint Kovács désigne comme la « série noire postcommuniste », Damnation, de Bela Tarr, constitue l’un des points d’orgue du cycle. Sorti en 1987, ce chef-d’oeuvre précoce de l’auteur du Cheval de Turin reprend les archétypes du film noir pour mieux les détourner au profit d’une rumination existentielle assez fascinante.

À voir enfin, Les parents du dimanche, oeuvre sensible de Janos Rosza réalisée en 1980 sous le parrainage de François Truffaut. Proche du documentaire, ce film s’intéresse à de jeunes délinquantes séjournant dans un centre spécialisé.

La semaine culturelle hongroise Montréal-Budapest sera également soulignée au Cinéma du Parc, du 2 au 8 septembre, avec entre autres Final cut, que viendra présenter le cinéaste György Pálfi, Le fils de Saul, de László Nemes, ainsi qu’une copie restaurée d’Amour, de Károly Makk.

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