Les femmes et les filles mènent le bal devant ou derrière la caméra

Manon Dumais Collaboration spéciale
Le nouveau film de Pedro Almodóvar, «Julieta», est fort attendu.
Photo: Sony Pictures Le nouveau film de Pedro Almodóvar, «Julieta», est fort attendu.

Le cinéma, un métier de gars ? Sans doute. Comme l’ont rapporté les Réalisatrices équitables, on retrouve environ 27 % de femmes derrière la caméra chez nous. Du coup, les plus beaux rôles sont écrits par et pour des hommes. Comment ne pas se réjouir alors devant la quantité de films réalisés par des femmes ou mettant à l’avant-plan des personnages féminins nous parvenant de l’étranger cet automne ? L’un d’eux provient même du Yémen, où il n’y a pas d’industrie cinématographique. Charmant hasard ou fruit d’une lente révolution ?

Fillettes courageuses et femmes de coeur

Photo: Komplizen Film «Toni Erdmann», de la cinéaste Maren Ade, a remporté le Prix de la critique internationale à Cannes.

Premier long-métrage de Khadija Al-Salami, Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée s’inspire de la vie de Nujood Ali, première fillette yéménite à aller en cour pour demander le divorce. Au Festival du film de l’Outaouais, le film, qui dénonce le mariage forcé, a remporté les prix du public et de la critique. (7 octobre)

Adaptation d’un roman autobiographique de Fanny Ben Ami, Le voyage de Fanny de Lola Doillon relate la traversée dans la France occupée d’une fille de douze ans (Léonie Souchon) et des huit enfants qu’elle doit mener en Suisse. (23 décembre)

À quoi s’attendre de Mal de pierre de Nicola Garcia, où Marion Cotillard incarne une femme mariée assoiffée de passion qui s’enfuie avec un lieutenant blessé (Louis Garrel) rencontré lors d’une cure thermale ? (11 novembre)

Prix de la critique internationale à Cannes, Toni Erdmann, de l’Allemande Maren Ade, met en scène un homme qui s’invente un personnage grotesque (Peter Simonischek) afin de redonner du piquant à l’existence de sa fille femme d’affaires (Sandra Hüller). (date inconnue)

Dans Quand on a 17 ans, la rivalité violente entre deux lycéens est exacerbée lorsque la mère (Sandrine Kiberlain) du premier (Kacey Mottet Klein) héberge le second (Corentin Fila). Après avoir traité avec finesse de puberté et d’identité sexuelle dans Naissance des pieuvres et Tomboy, Céline Sciamma prête sa plume à André Téchiné. (25 novembre)

Regards masculins sur destins féminins

 

Pedro Almodóvar n’a pas son pareil pour créer des personnages féminins plus grands que nature. On piaffe d’impatience de découvrir Julieta (Silencio), où une femme (Emma Suarez) entreprend d’écrire tout ce qu’elle a caché à sa fille dans l’espoir de la retrouver. (date inconnue)

À l’instar du flamboyant Madrilène, le Sud-Coréen Park Chan-wook éblouit avec ses mises en scène stylisées. Dans Mademoiselle, il nous transporte dans la Corée des années 1930, où une gouvernante (Kim Tae-Ri) manigance pour dérober la fortune d’une riche héritière japonaise (Kim Min-Hee). (date inconnue)

Après avoir orchestré d’imposantes distributions masculines, Rachid Bouchareb trace dans La route d’Istanbul le portrait d’une femme (Astrid Whettnall) se rendant en Syrie afin de convaincre sa fille (Pauline Burlet), partie y combattre, de revenir en Belgique. (9 décembre)

Enfin, de la Colombie nous parvient Alias Maria de Jose Luis Rugeles, où une fillette-soldate (Karen Torres) cachant sa grossesse doit emmener le nouveau-né du commandant hors du camp et de la jungle. (date inconnue)

Où sont les hommes?

Dans Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou, où un Français installé près du lac Baïkal (Raphaël Personnaz) et un Russe en cavale (Evgueni Sidikhine) se lient d’amitié. (11 novembre)

Dans L’antiquaire de François Margolin, où Michel Bouquet aide une femme d’origine juive (Anna Sigalevitch) à retrouver les tableaux dérobés à sa famille durant la Seconde Guerre mondiale. (date inconnue)

Dans Ce sentiment de l’été de l’Allemand Mikhaël Hers, où un homme (Anders Danielsen) développe une amitié avec la soeur de sa compagne décédée subitement (Judith Chemla). (date inconnue)

Dans Land of Mine du Danois Martin Zandvliet, où de jeunes soldats allemands faits prisonniers par l’armée danoise en 1945 sont forcés de déminer la côte. (date inconnue)

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

Québécoises à l’étranger

Afin de se consacrer à sa carrière en France, Suzanne Clément a quitté Unité 9. Or, c’est dans le rôle d’une détenue, moins flamboyante que Shandy, qu’elle apparaît dans Taulardes d’Audrey Estrougo, où Sophie Marceau incarne une professeure de lettres incarcérée après avoir aidé son amoureux à s’évader de prison. (21 octobre)

Dans De douces paroles de Shemi Zarhin, une Israélienne (Rotem Zisman-Cohen) et ses deux frères (Roy Assaf et Assaf Ben-Shimon) partent en France à la recherche de leur père après avoir découvert à la mort de leur mère que cette dernière leur avait caché un grand secret. Entrera en scène la radieuse Louise Portal pour leur raconter une histoire d’amour aussi belle que triste. (11 novembre)

Sous prétexte qu’elle s’est évanouie après qu’un livreur eut frappé à sa porte, un médecin suggère que l’entourage de Solange veille sur elle jour et nuit. Célèbre en France et au Québec grâce à ses irrésistibles capsules, la youtubeuse Ina Mihalache nous ravira-t-elle avec son premier long-métrage, Solange et les vivants ? (date inconnue)


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