Pas trop grosse, SVP!

Planche tirée du tome 9 de la série «Tamara»
Photo: Éditions Dupuis Planche tirée du tome 9 de la série «Tamara»

Un débat soulève actuellement la France et la Belgique, alors que des images de l’adaptation de Tamara, bande dessinée franco-belge relatant les mésaventures d’une adolescente en surpoids, ont été diffusées, montrant l’actrice Héloïse Martin, plutôt mince, dans le rôle-titre.

Les personnes « enveloppées » ne sont pas toujours bienvenues au cinéma, traditionnellement épris d’interprètes filiformes.

Fausse grosse

Comme le témoigne le cas Tamara, même quand il s’agit d’aborder la question de front, les équipes de production ont tendance à choisir des actrices minces pour les faire engraisser (mais pas trop) sans mettre en scène une vraie ronde. Un peu comme Renée Zellweger, qui joua à l’écran Bridget Jones. Ce choix avait fait hurler les Britanniques épris des romans d’Helen Fielding, qui réclamaient une interprète du Royaume-Uni naturellement enrobée, plutôt qu’une Américaine gavée comme une oie pour les besoins de la cause.

Les premiers extraits ont fait là-bas bondir. La bédé en 13 tomes signée Zidrou et Darasse-Bosse, adaptée au grand écran par Alexandre Castagnetti, s’articule autour du personnage de Tamara, une adolescente en surpoids, mal dans sa peau, qui essuie les moqueries à l’école et cherche, longtemps en vain, le grand amour jusqu’à sa rencontre avec le beau Diego. Le film doit prendre l’affiche en Europe francophone le 26 octobre prochain.

La production a offert le rôle-titre à Héloïse Martin, qu’elle a fait engraisser de 12 kg. Du dessin au film, Tamara a quand même beaucoup minci. Exit le gros ventre et le visage mafflu. Enrobée, certes, mais mignonne à souhait.

Réactions

Sur le blogue du journal Le Monde, des lecteurs se disent exaspérés : « N’aurait-il pas mieux valu choisir une vraie ronde ? » se demandent-ils. Sur le site Branchés Culture, d’autres se sentent carrément trahis par cette transformation de l’héroïne au grand écran. Quant à Diego, à qui les bédéistes donnaient des origines chiliennes, il a perdu ses racines et son teint hâlé. Le voici incarné par Rayane Bensetti, un acteur blanc.

Tendance numérique

Cette tendance à la standardisation des héros, issue tout droit d’Hollywood, se retrouve aussi dans Un homme à la hauteur de Laurent Tirard (sur nos écrans vendredi), dans lequel Jean Dujardin, par la disgrâce de mauvais effets spéciaux, joue un nain amoureux d’une belle blonde, mais riche et beau (un vrai nain doit se contenter de camper sa doublure de dos), sans qu’un acteur de petite taille n’ait été pressenti pour le rôle.