Suivre la voix d’Anne Dorval

Doris étant le personnage le plus aimé de Disney et Ellen Degeneres, qui lui prête sa voix dans la version originale américaine, ayant lancé l’idée d’une suite dans son talk-show, il n’est pas étonnant que les studios d’animation Pixar proposent, treize ans plus tard, la suite de Trouver Nemo. Et parce qu’on est en 2016, c’est le loufoque poisson-chirurgien souffrant de troubles de mémoire à court terme qui se trouve au coeur de l’action. Pour Pixar, il s’agit du troisième film où une protagoniste féminine se retrouve à l’avant-plan, après Rebelle et Sens dessus dessous. Bel effort, les gars !

Rejoint par Angus MacLane, le réalisateur Andrew Stanton renoue donc avec Doris (voix d’Anne Dorval dans la version doublée au Québec), le poisson-clown Nemo et son père Marlin. Pour le récit, on ne saurait dire que Stanton, Victoria Strouse (New Best Friend) et Bob Peterson (Trouver Nemo) se sont réellement forcés. Pour mémoire, dans le premier volet de cette charmante franchise maritime, Nemo se faisait kidnapper et se retrouvait dans l’aquarium d’un dentiste. Marlin et Doris partaient à sa poursuite.

Cette fois, persuadée que ses parents habitent en Californie après avoir eu quelques flash-back de son enfance, Doris quitte le large des côtes australiennes afin de les retrouver. Marlin et Nemo la suivent de près dans sa quête. Si l’histoire, dont l’action se situe un après le retour de Nemo, réserve assez peu de surprises, Stanton et sa bande n’ont certes pas manqué d’inspiration quant aux péripéties qu’ils font vivre à Doris et à ses amis.

Ainsi, en accostant en Californie, où elle entend Anne Dorval (!) souhaiter la bienvenue aux visiteurs de l’Institut de biologie marine, Doris se souvient y avoir vécu. Se multiplient dès lors des trésors d’inventivité et des trouvailles amusantes pour maintenir les poissons dans l’eau alors qu’ils se déplacent d’un point à l’autre. En plus d’y rencontrer de sympathiques nouveaux personnages, dont une pieuvre rusée, on saura enfin pourquoi Doris maîtrise la langue des baleines ! Mieux encore, à travers ses folles escapades d’un aquarium d’occasion à l’autre, le personnage acquiert une dimension émotive qu’on ne lui soupçonnait pas.

Palpitante quête initiatique doublée d’une tendre réflexion sur la famille, Trouver Doris s’avère, esthétiquement parlant, une suite plus que satisfaisante de Trouver Nemo. D’une grande fluidité, l’animation enchaîne prises de vue sous-marines et scènes hors de l’eau, tandis que les couleurs chatoyantes et les formes ravissantes se transforment gracieusement au gré des éléments. Un joli divertissement familial.

Trouver Doris (V. F. de Finding Dory)

★★★ 1/2

Film d’animation d’Andrew Stanton et Angus MacLane. Avec les voix d’Ellen Degeneres, Albert Brooks, Ed O’Neil, Idris Elba, Dominic West et Kaitlin Olson. États-Unis, 2016, 97 minutes.

1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 18 juin 2016 08 h 00

    C'est bien de parler du doublage québécois, ce qui est rare pour les films d'animation états-uniens

    C'est en français et non en anglais que la majorité des enfants des abonnés du «Devoir» ira voir ce film. Pour l'avoir déjà entendue, Mme Dorval est une bonne doubleuse.