Elvis à la retraite

Imaginez une série B mexicaine des années 60. Transposez l'affaire dans le Texas contemporain et ajoutez quelques effets à la Stephen King et vous aurez une idée assez nette de ce à quoi ressemble, ou voudrait ressembler, Bubba Ho-tep, de l'Américain Don Coscarelli.

Tirée d'une nouvelle de Joe R. Lansdale, cette microcomédie d'horreur rigolote a pour théâtre une maison de retraite d'un bled perdu du Lone Star State. C'est dans ce lieu dépeuplé qu'Elvis Presley (Bruce Campbell) et John F. Kennedy (Ossie Davis), morts aux yeux du monde entier, finissent tranquillement leurs jours. Le premier, narrateur de l'histoire, est le plus souvent alité, déprimé, contemplant sa vie perdue et l'excroissance purulente qui grossit sur son membre viril. Le second, la peau teinte en noir (vous avez bien lu) afin de camoufler son identité, partage occasionnellement ses souvenirs avec le King. Mais une force maléfique, en la personne d'une momie démomifiée ressemblant au Michael Jackson des mauvais jours, vient hanter les nuits de la maison et aspirer l'âme de ses résidants.

Le résumé exprime toute la folie de l'entreprise, folie que le film peine à communiquer tant la mise en scène est molle, les dialogues puérils et l'interprétation inégale. Au-delà de la grasse ironie de l'affaire (un mort-vivant qui vampirise des vivants morts) et exception faite des cinéphages de minuit à la recherche de la prochaine fant-asie, ce Bubba Ho-tep vieux de deux ans ne laissera pas grand souvenir.