À voir à la télévision le lundi 16 février - Choisir son camp

Peut-être êtes-vous plongé dans la lecture de son dernier roman, Le Complexe de Di, ou vous gardez encore le souvenir émerveillé de son dernier film, Balzac et la petite tailleuse chinoise, qu'il a adapté de son propre livre à succès, tourné en Chine sous haute surveillance. Occupant à la fois la scène littéraire et la scène cinématographique, Dai Sijie puise abondamment dans ses douloureux souvenirs d'enfance pour nourrir une oeuvre qui dépeint la Chine de la Révolution culturelle, une époque, selon lui, «plus stupide que cruelle».

La stupidité a pourtant frappé de grands coups dans tout le pays et Dai Sijie fut compté parmi ses millions de victimes, emprisonné dans un camp de rééducation pendant plusieurs années. À partir de cette expérience traumatisante, et s'inspirant de nombreuses autres, l'écrivain-cinéaste, vivant en France et ayant adopté la langue française plutôt que le cantonnais pour élaborer son oeuvre, en explore les injustices, les drames mais aussi les rares moments de bonheur et d'espoir.

Dans Chine, ma douleur (1989), son premier long métrage, il raconte le destin tragique d'un garçon de 13 ans expédié dans cet enfer et qui devra déployer des trésors d'imagination pour survivre. La présence, rassurante, d'un moine bouddhiste lui permettra d'endurer avec un peu plus de sérénité les tyrannies d'un chef de camp totalement idiot.

On a beaucoup vanté le réalisme du film de Dai Sijie, un compliment que le cinéaste acceptait volontiers, reconnaissant toutefois avoir dirigé des non-professionnels cambodgiens et vietnamiens, pour la plupart des «boat people» qui en connaissaient déjà long sur la misère... Et la Chine montagneuse du film a même trompé bien des Chinois, le tournage ayant eu lieu dans les Pyrénées. Des mensonges de cinéma pour mieux dire la vérité sur cette période de l'histoire chinoise.

Chine, ma douleur

Historia, 22h