Une pétition pour la Cinémathèque

En réaction au texte paru vendredi dernier dans Le Devoir qui faisait état des problèmes financiers à la Cinémathèque québécoise, une dizaine de membres du milieu du cinéma ont signé une lettre à l'intention du conseil d'administration de l'institution.

Étonnés et inquiets, les signataires déplorent notamment que cette précarité financière, qui a déjà entraîné des réductions salariales de 20 % chez les employés, puisse aussi affecter les activités régulières de l'établissement. «Il est inconcevable pour nous que la Cinémathèque québécoise suspende, même pour un temps limité, la mise en oeuvre de l'une de ses missions fondamentales: la diffusion», peut-on lire dans le texte.

Les professeurs, critiques et cinéastes qui s'expriment ici rappellent le rôle fondamental que joue la Cinémathèque en matière de diversité culturelle, puisqu'elle demeure la seule salle offrant une programmation différente, à l'écart des modes, et qui assure une certaine éducation cinématographique. «Dans la société qui est la nôtre, la Cinémathèque est un pôle important de transmission de la culture, une affirmation réelle de la valeur artistique du cinéma, de la pluralité des voix et des expressions singulières», soulignent les signataires.

En conséquence, ils appellent tous les membres du milieu à unir leurs voix «pour conserver une institution garante d'une mémoire nationale et universelle», proposant au vol de convoquer une réunion générale extraordinaire des membres de la Cinémathèque, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois qui s'ouvrent aujourd'hui. Pour les auteurs de la lettre, il en va du simple devoir de citoyens de se porter à la défense de l'institution. «La survie de la Cinémathèque québécoise dépasse les objectifs comptables et administratifs d'un gouvernement; elle est une affaire et de l'État et de la société civile», affirment Olivier Asselin, Serge Cardinal, Philippe Gendreau, Claude Fortin, Philippe Gajan, Vincent Guyignard, Réal La Rochelle, Jean-Pierre Lefebvre, Sylvain L'Espérance, Jean-Pierre Vidal et Jean-Philippe Warren.