Hommes-orchestres du cinéma

Ian Lagarde et Nicolas Roy animaient une causerie lors du festival.
Photo: Sophie Gagnon-Bergeron Canopée Médias Ian Lagarde et Nicolas Roy animaient une causerie lors du festival.

Croisée au jour 2 du festival Regard, la directrice générale du plus gros festival de courts métrages du Canada, et l’un des plus importants en Amérique du Nord, Marie-Élaine Riou, se réjouissait du nombre de projections affichant complet. Qu’à cela ne tienne, les cinéphiles refoulés aux guichets ne perdent pas au change en se rabattant sur l’une ou l’autre des causeries professionnelles, telles celles de Ian Lagarde et de Nicolas Roy, respectivement directeur photo et monteur doublés de réalisateurs de courts métrages primés.

Ancien enfant acteur, Ian Lagarde cumule déjà 30 ans de métier… à 35 ans. À Regard, il présente cette année Grimaces, une réflexion hilarante sur la tyrannie des apparences coréalisée avec Gabrielle Tougas-Fréchette et mettant en vedette la drôlissime Anne-Élisabeth Bossé, porte-parole de cette 20e de Regard. En 2012, Vent solaire, un court troublant sur les derniers moments d’une secte, lui avait valu le prix de la mise en scène ici. Comme directeur photo, il a collaboré avec Denis Côté sur l’excellent Vic + Flo ont vu un ours. Ce métier, il y vint un peu par défaut.

« Enfant, j’étais fasciné par la caméra, par l’appareil, confie Ian Lagarde. J’ai aussi écrit des histoires très tôt, vers 12 ans, donc étudier en scénarisation et en réalisation, c’était logique. Pendant mes études, comme je connaissais déjà bien la caméra, j’ai été sollicité par d’autres étudiants pour faire la direction photo de leurs films. C’est resté. »

Plus qu’un à-côté alimentaire, la direction photo constitue pour lui une école permanente.

« Comme DP, je n’essaie jamais de m’imposer ; je suis au service de la vision du cinéaste. Et par la suite, ça alimente mon propre travail de réalisateur. De voir travailler les collègues et de comparer, c’est super enrichissant. J’aurais du mal à m’en passer. »

Affinités obligatoires

Même son de cloche chez Nicolas Roy, dont le court métrage Ce n’est rien, sur un père qui craque en présence de sa fille, fut invité à Cannes en 2011.

« Mes premiers films, je les ai montés moi-même parce que ç’aurait été impossible pour quiconque de s’y retrouver », rigole-t-il.

« Je tournais beaucoup de matériel sans trop réfléchir. J’ai compris depuis les vertus du scénario. Mais bref, le montage, ça m’a plu. Et puis un jour, Denis Côté m’a offert de monter Curling. Il connaissait mes courts parce qu’on se retrouvait toujours dans les mêmes sélections “parallèles” en festival. On avait des affinités. D’ailleurs, ça, c’est primordial, d’une part parce qu’on doit saisir la vision du cinéaste, et d’autre part parce qu’on passe pas mal d’heures dans la salle de montage avec lui. »

Outre ceux de Côté, Nicolas Roy a monté des films de Simon Lavoie (Le torrent), Mathieu Denis (Corbo) et Robert Morin (Les 4 soldats), entre autres. Beau problème : sa popularité comme monteur lui laisse moins de temps pour ses propres projets. Ces jours-ci, il planche sur le montage d’une série documentaire consacrée à d’ex-politiciens et attend de savoir si son premier long métrage aura le feu vert des institutions.

Quant à Ian Lagarde, il commence bientôt le tournage du sien, une fable surréaliste promettant un croisement entre Théorème et La grande bouffe dans un décor de « tout inclus ». On a hâte.

François Lévesque se trouve à Saguenay à l’invitation du festival Regard.

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