Only Yesterday, Isao Takahata

L’enfance se présente comme un territoire cruel sous le regard du grand cinéaste japonais Isao Takahata (Le tombeau des lucioles, Le conte de la princesse Kaguya). Même à l’âge adulte, impossible d’y échapper, du moins dans ce portrait de femme touchant et onirique, jonglant entre un présent bucolique (des vacances à la campagne en 1982) et une jeunesse sous l’emprise d’une famille aux humeurs variables (Tokyo en 1966). Au cours de ce séjour champêtre, la belle et discrète Taeko sera constamment assaillie de souvenirs parfois douloureux, offrant ainsi un étonnant contraste avec la femme sereine, posée et généreuse qu’elle est devenue. Les méchancetés de ses camarades de classe (où il est beaucoup question de menstruations !) et les persécutions de ses deux grandes soeurs forgent le caractère de cette célibataire cherchant un équilibre dans ces paysages dont la beauté imprègne cette splendide méditation. Tournée en 1991, cette production animée a pris beaucoup de temps à trouver le chemin de nos écrans. La quiétude qui s’en dégage et son chapelet d’anecdotes familiales en déstabiliseront certains, mais ce voyage intérieur, ponctué de mélodies accrocheuses (dont une version du succès de Bette Midler, The Rose, en japonais !), nous fait joliment basculer entre rires et larmes.


Only Yesterday

Isao Takahata Japon, 1991, 118 min