Cinéma - Rites de passage au Goethe-Institut

Sous l'impulsion des Tom Tykwer (Wintersleepers), Hans Christian Schmidt (Crazy) et Wolfgang Becker (Good Bye Lenin!), notamment, le cinéma allemand a subi une véritable cure de jouvence ces dernières années. Dès ce soir et jusqu'au 5 mars, le Goethe-Institut en témoigne à travers un échantillon de cinq premiers longs métrages réalisés par cinq de ces cinéastes sur lesquels l'Allemagne mise bien des espoirs.

Rite de passage pour les cinéastes, ces premiers longs métrages abordent souvent le thème — et ce n'est pas un hasard — des rites de passage. C'est le cas de Dans la forêt vierge après cinq heures, qui date de 1995 et qui démarre le cycle aujourd'hui et demain.

Signé Hans Christian Schmidt sous la bannière Claussen + Wobke Film (une boîte de production de Munich qui se consacre à labourer les champs de relève), ce film expose de façon assez classique le fossé générationnel qui sépare un couple de bourgeois de leur fille adolescente, jouée par Franka Potente (Cours, Lola, cours), qui n'était à l'époque qu'un embryon de star. Au terme d'une querelle avec son père, celle-ci prend sa guitare et s'en va se fondre dans la jungle de Munich. En une nuit, elle vivra plusieurs expériences formatrices tandis que ses parents se repasseront à rebours le film de leurs vies en essayant de déterminer les premiers symptômes de leur embourgeoisement.

Si les personnages paraissent un peu limités sur le plan des sentiments et si le scénario est ankylosé par les contraintes de l'exercice, le ton est original, constant, et la mise en scène porteuse des promesses dont Schmidt a fait preuve dans 23, son opus suivant.

Au rayon lui aussi des expériences nocturnes, Géants, de Sebastian Schipper, nous transporte pour sa part dans la jungle bétonnée de Berlin, où trois potes font les 400 coups l'espace d'une nuit au terme de laquelle un des leurs s'embarquera sur un paquebot pour Singapour avec l'espoir de ne jamais revenir. Produit par la maison X-Filme Creative Pool, créée en 1994 par Tom Tykwer, Dani Levi et Wolfgang Becker, Géants est, au contraire du sage et consensuel Dans la forêt... , un film qui se veut tapageur, dérangeant et délinquant. Et pour être bien sûr de l'illustrer (à défaut de le prouver), cet hommage funky à l'amitié virile démarre sur les chapeaux de roues (scènes courtes, cadres serrés, montage nerveux, etc.) avant de se dilater, dans la seconde partie, à mesure que le poids de l'existence écrase ces trois glandeurs de la génération no future.

Géants clôt, les 4 et 5 mars prochains, le cycle du Goethe-Institut. D'ici là, les cinéphiles montréalais auront eu l'occasion de se frotter à la jeunesse de Lammbock, comédie de Christian Zübert sur des vendeurs de marijuana qui se font passer pour des livreurs de pizza, mettant en vedette Moritz Bleibtreu, le Roy Dupuis allemand, découvert dans L'Expérience et Cours, Lola, cours (12 et 13 février). Aussi au programme: White Sound, de Hans Weingartner (19 et 20 février), et Big Girls Don't Cry, de Maria Von Heland (26 et 27 février).

Le Goethe-Institut prévoit deux représentations pour chacun de ces cinq films, soit les jeudis (à 20h) et vendredis (à 18h30). Renseignements: (514) 499-0159 ou www.goethe.de/montreal.