Cent ans après Dada

Dada est-il vraiment mort ? La question, posée à l’amorce du film Viva Dada, annonce de belles choses. Elle laisse entendre que le mouvement contestataire et iconoclaste né en réaction à la puissance destructrice de la Première Guerre mondiale est encore d’actualité, 100 ans plus tard. Et que ce documentaire en fait la mise à jour. La réalisatrice française Régine Abadia s’attarde plutôt à restituer les grands pans de la courte existence dada (à peine 7 ans), comme si ce récit n’avait jamais été proposé. Ce n’est pas sans intérêt ni sans raffinement : à coups d’animations et d’échantillonnages sonores, les oeuvres, les propos et l’irrévérence des dadaïstes reprennent vie à l’écran. On pourrait qualifier le film de produit dérivé, puisqu’il découle d’un projet plus vaste, ou plus novateur : la publication, enfin ! de Dada Globe, sorte de bible dadaïste que Tristan Tzara avait échoué à livrer en 1921. Or, Viva Dada en parle à peine. La cinéaste et scénariste, qui a eu accès à une foule de précieuses archives, préfère s’en tenir à un portrait de groupe plus conservateur. Et laisse tomber sa question initiale : qu’en est-il de l’art actuel qui respire la même rage, celle qui préfère provoquer des hurlements plutôt que séduire ? La réponse, suppose-t-on, dans un prochain épisode.

Viva Dada

Régine Abadia, France, 2015, 52 min. Au MBAM le 17 mars à 10 h 30, et le 18 mars à 15 h.

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