Là où Félix chantait

Si les murs pouvaient chanter, ceux-là reprendraient tout un pan du répertoire de Félix. Tourné par Martin Leclerc, fils de Félix, le film Le 186… pour la mémoire relate l’histoire de la restauration de la maison du 186, chemin de l’Anse à Vaudreuil, que le poète, dramaturge et chansonnier a occupée durant une vingtaine d’années. On y voit d’ailleurs, sur un document d’archives, le jeune Martin batifoler avec candeur autour de son célèbre père. Après avoir été plus ou moins laissée à l’abandon, cette maison, classée au patrimoine, a été entièrement restaurée pour reprendre l’allure qu’elle avait du vivant de l’auteur du Petit bonheur et devenir un musée.

C’est d’ailleurs entre ces murs que Félix a composé la célèbre chanson, comme bien d’autres perles de son répertoire.

Mais c’est comme homme de théâtre que Félix se définissait d’abord et avant tout, apprend-on. La maison a d’ailleurs hissé l’enseigne de L’auberge des morts subites, une comédie que Félix a écrite sur place, en 1959, au coeur de la maison. Pour lui, le théâtre était un lieu de rencontre et de camaraderie, racontent ses amis, interrogés dans le film. Armé de sa guitare, Félix Leclerc recevait aussi dans son salon ou sur les marches de l’escalier extérieur, conviant chacun à une fête des mots. « Il n’avait pas besoin de nous inviter, on venait faire un tour », dit l’un d’eux.

Janine Sutto, sa voisine de l’époque, se réjouit de la décision de restaurer cette maison qui fait partie de notre mémoire collective. « Ça n’est pas que des pierres, c’est plus que ça », dit-elle. Bien des ouvriers qui ont travaillé à refaire la charpente de la maison ainsi que sa façade de briques ont appris les chansons de Leclerc à la petite école.

Le 186… pour la mémoire

Martin Leclerc, Canada, 75 minutes. À la PdA, 5e salle, le 20 mars à 16 h.

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