Le monstre en soi

Il est l’auteur de plus de 40 romans et de plus de 100 nouvelles. Adaptés au cinéma, trois de ses textes ont donné lieu à trois très grands films de science-fiction : Blade Runner, Total Recall et Minority Report. Ridley Scott vient d’ailleurs de tourner une série télévisée adaptée de son chef-d’oeuvre Le maître du haut château. Le cinéma s’est beaucoup intéressé à Philip K. Dick, aujourd’hui reconnu comme un auteur majeur non pas de la science-fiction, mais de la littérature tout court.

Il faut dire que son oeuvre (il commence à publier dans les années 50) n’avait rien à voir avec la « vieille » science-fiction traditionnelle, avec ses histoires de soucoupes volantes et de monstres sur des planètes. Pour lui, le monstre en soi… ou caché sous son lit. Dick explore le côté sombre de la technologie, prédit les désastres écologiques, s’inquiète du contrôle de l’État sur nos vies et, surtout, s’interroge sur l’identité de l’être humain (qu’est-ce qui vous distingue d’un androïde perfectionné ? L’empathie ? D’ailleurs, êtes-vous bien convaincu de votre propre réalité ? Vous ne seriez pas plutôt un programme informatique perfectionné ? ). Le film présente le personnage en appelant à la barre ses amis, ses biographes, sa dernière femme et même son psychothérapeute. Qui tracent le portrait d’un homme dépressif, agoraphobe, paranoïaque, reclus dans son appartement et obsédé toute sa vie par le manque de sa jumelle morte alors qu’elle était bébé. Des extraits de livres témoignant de ses angoisses viennent ponctuer ce portrait fascinant, ainsi que des extraits d’une conférence qu’il avait prononcée à Paris, dans laquelle il racontait ses visions devant un auditoire interloqué.

The Worlds of Philip K. Dick

Yann Coquart, France, 2015, 56 minutes. À la Grande Bibliothèque le 16 mars à 17 h et au musée Pointe-à-Callière le 17 mars à 17 h.

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Le monstre en soi

Le monstre en soi

Critique Portrait fascinant d’un maître de la science-fiction, Philip K. Dick.