Marchands d’art sans scrupules

En 2012, à la suite d’un banal contrôle douanier dans un train, les autorités allemandes font une vérification dans l’appartement de Cornelius Gurlitt, un vieil homme qui vit comme un ermite à Munich. La police en reste bouche bée : l’appartement recèle plus de 1400 oeuvres d’art, peintures, dessins, aquarelles. Des chefs-d’oeuvre. Ce film, mené comme une enquête policière, tente de démêler tous les fils de cette histoire stupéfiante.

La collection Gurlitt, comme on l’appelle, est en fait la collection de son père, Hilderbrand Gurlitt, marchand d’art célèbre qui a fait de très bonnes affaires pendant la guerre de 1939-1945. Plusieurs de ces oeuvres sont des pièces confisquées aux Juifs par les nazis.

Spoliation

Le documentaire remonte donc aux années 30 pour décrire le début du processus de spoliation des biens juifs mis en place par les nazis, et la façon dont certains marchands d’art en ont bien profité. En pleine période de l’Occupation en France, le marché de l’art ne dérougit pas, et l’encanteur Drouot fonctionne à plein régime : les oeuvres volées aux Juifs sont vendues et achetées par des marchands allemands et français qui n’ont pas d’états d’âme (en fait Hilderbrand, qui s’en met plein les poches, soutient qu’il a « sauvé » des oeuvres de la destruction…). En même temps, des soldats allemands écument l’Europe occupée, à la recherche de matériel qui servirait au délirant musée « total » que Hitler rêve de construire. Ce documentaire troublant nous apprend que plusieurs de ces marchands ont poursuivi leur carrière après la guerre sans être mis en cause par la justice.

Les marchands d’Hitler

Stéphane Bentura, France, 2015, 52 min. Au MBAM le 12 mars à 12 h 30, et le 18 mars à 10 h 30.

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