Jeunesse aisée à la dérive

L’histoire de «Bang Gang» se déroule dans une banlieue française de la côte Atlantique.
Photo: Source Distribution Ad Vitam L’histoire de «Bang Gang» se déroule dans une banlieue française de la côte Atlantique.

Dans une banlieue française de la côte Atlantique, la canicule décime les gens âgés, tandis que de nombreux trains déraillent.

Afin d’oublier Alex (Finnegan Oldfield) dont elle est éprise, George (Marilyn Lima, dont la fraîcheur et le talent rappellent Sara Forestier dans L’esquive) propose à ses amis de se livrer à des jeux sexuels. Alors que la timide Laetitia (Daisy Broom) et le déluré Nikita (Fred Hotier) y trouvent leur compte, George s’intéresse au solitaire Gabriel (Lorenzo Lefebvre).

S’inspirant librement d’un fait divers américain, Éva Husson signe un premier long métrage de fiction où elle dépeint avec une délicatesse dénuée de jugement les dérives d’une jeunesse aisée laissée à elle-même.

Note douce-amère

Si par endroits Bang Gang évoque l’univers de Larry Clark ou la télésérie britannique Skins, les scènes à caractère sexuel baignées d’une douce lumière naturelle l’éloignent de leur esthétique trash et racoleuse.

Raconté en flash-back par les protagonistes, ce drame de moeurs épousant la langueur de l’été nous laisse sur une note douce-amère. Non à cause de l’inconscience des jeunes personnages partageant leurs prouesses sur les réseaux sociaux, mais en raison du châtiment que leur inflige au final la cinéaste.


Bang Gang (Une histoire d’amour moderne)

Drame de moeurs. Réalisation Éva Husson. France, 2016, 98 minutes. Au Centre Phi, les 7 et 9 mars.