Un film pour les planches

Anik Jean dans «Lost Soul», film expérimental sur une femme troublée
Photo: Jean-François Bergeron Anik Jean dans «Lost Soul», film expérimental sur une femme troublée

Une première projection-concert de Lost Soul avait déjà eu lieu dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois. Voilà que mardi soir au Théâtre Outremont, l’auteure-compositrice-interprète Anik Jean, son orchestre et un film sur grand écran planaient de concert au Théâtre Outremont.

Ce film expérimental sur une femme troublée nommée Laura qui abandonne en Gaspésie mari et enfants pour vivre en forêt était, à l’instar des projections des films muets d’antan, accompagné par six musiciens sous nos yeux.

Elle l’a scénarisé et coréalisé avec Jean-François Bergeron, qui joue le rôle principal de façon peu convaincante, se démultiplie sur écran et sur scène avec des extraits de son nouvel album.

De cette performance, on salue l’énergie et la qualité musicale, car c’est vraiment sur les planches que le show prend son rythme et sa force, malgré la grande sobriété de mise en scène. Dans la pénombre, les musiciens et Anik Jean jouent de dos, histoire de laisser l’écran occuper l’espace. Mais le film a des problèmes.

Charge émotive

Cette histoire de femme en déchirement a du mal à propulser sa charge émotive. Le scénario et le jeu d’ensemble sont plus amateurs qu’autre chose, et les battues pour retrouver la femme disparue sans résultat paraissent invraisemblables. Un beau moment : ce toutou lapin qu’un de ses enfants a placé sur une souche devant la fugueuse. Mais allez comprendre pourquoi le film, tourné en Gaspésie avec des interprètes francophones, même sur des chansons anglophones, est en anglais…

On salue toutefois la liberté du concept. Un objet né du désir de création multimédia de sa conceptrice, sans budget ou presque, en impliquant toute la smala, dont son conjoint Patrick Huard, dans un petit rôle de policier. Anik Jean voudrait voir revivre Lost Soul sur la planète festival. Avec son orchestre, on ne s’ennuie pas. Le film tout seul ne tiendrait jamais la route.

Lost Soul

Réalisation d’Anik Jean et Jean-François Bergeron