Le FIFA doit diversifier son financement pour assurer son avenir

Le 12 mars, la projection d’un documentaire sur Marie Saint Pierre sera suivie d’un entretien public avec la designer de mode.
Photo: Source FIFA Le 12 mars, la projection d’un documentaire sur Marie Saint Pierre sera suivie d’un entretien public avec la designer de mode.

Le Festival international de films sur l’art (FIFA) est à la croisée des chemins : avec une nouvelle directrice générale en fonction depuis à peine trois semaines, le FIFA lance une campagne de sociofinancement pour assurer son avenir, et il envisage l’année prochaine de diffuser une partie de sa programmation sur Internet.

En lançant mercredi la programmation de la 34e édition, qui se tiendra du 10 au 20 mars prochain, la direction du FIFA déclare d’emblée que « le 34e Festival se tient à une période charnière et même critique […]. Le présent est fragile et incertain, l’avenir est menacé ».

Le FIFA propose cette année 170 films provenant de 25 pays, mais il en proposait près de 250 l’année dernière.

Diversifier

La nouvelle directrice générale, Nathalie McNeil, indique au Devoir qu’il faut diversifier les sources de financement. « Les subventions diminuent, les coûts augmentent, explique-t-elle. Tous les organismes culturels sont menacés s’ils ne font pas d’efforts pour aller chercher du financement privé. »

Le FIFA lance donc cette semaine une campagne de sociofinancement auprès de son public de fidèles. La campagne se déroule sur un site Internet qui porte un nom assez clair : sauvonslefifa.ca. Mme McNeil refuse d’indiquer quel est l’objectif financier exact de la campagne. « Dans les prochains mois, nous chercherons à développer des partenariats. Avec le Musée des beaux-arts de Montréal, par exemple, nous voulons développer de nouvelles ententes : mon objectif, c’est que les films vivent ailleurs [qu’au festival] », ajoute-t-elle.

Et pour l’année prochaine, pour le 35e anniversaire du FIFA, « on se dirige vers un accès Internet pour les films ». Est-ce que cela veut dire qu’il n’y aurait plus de films en salle ? Est-ce que le FIFA serait diffusé sur un site Web payant ? Il est encore trop tôt pour le dire. « Notre objectif est vraiment d’élargir l’audience », ajoute Nathalie McNeil.

De tout pour tous les goûts

Le FIFA se tiendra dans huit lieux différents à Montréal. René Rozon, fondateur du FIFA, en demeure le directeur artistique.

Plusieurs événements spéciaux viennent appuyer certaines projections. Par exemple, le 11 mars, la projection de Un homme de danse, sur le parcours de l’ancien soliste des Grands Ballets canadiens Vincent Warren, sera suivie d’une rencontre avec le danseur. Le 12 mars, la projection d’un documentaire sur Marie Saint Pierre sera suivie d’un entretien public avec la designer de mode. Le 13 mars, Étienne Desrosiers, réalisateur d’un film sur l’architecte Roger D’Astous, proposera une classe de maître sur le thème de l’architecture au cinéma. Le 11 mars à la SAT, un documentaire sur le chanteur Renaud sera suivi d’une véritable soirée karaoké sur le thème de la chanson francophone !

La soirée d’ouverture proposera, le 10 mars, deux films : L’artiste dans son for intérieur de Helen Doyle, qui s’intéresse aux créations insolites et à l’univers fantasmagorique de Danielle Marie Chanut. Par la suite, Nous autres, les autres de Jean-Claude Coulbois veut tracer le portrait d’une nouvelle génération de dramaturges en suivant cinq créateurs de la scène montréalaise.

Parmi les films présentés pendant le festival, on remarque Une maison d’artiste, un film de Martin Leclerc sur la restauration de la maison de son père, Félix Leclerc.

Frank Gehry

Deux films sont consacrés à l’architecte Frank Gehry, deux autres au compositeur Arvo Pärt. À signaler également Hockney, qui se veut le film le plus exhaustif à ce jour sur David Hockney, l’artiste ayant donné accès à toutes ses archives.

Au hasard de la programmation, on croise des sujets aussi variés que l’histoire de l’American Ballet Theatre, un portrait de Jeff Koons, des biographies de Ian Fleming et de Philip K. Dick, un documentaire sur les carrières des chefs d’orchestre Karajan et Bernstein, un autre sur la grande rupture entre les cinéastes François Truffaut et Jean-Luc Godard, et un film sur Los Angeles comme cité du film noir. Toute la programmation sur le site artfifa.com.