Timide début d'année pour le cinéma québécois

Le cinéma québécois, qui a connu l'an dernier une lune de miel sans précédent avec son public, ne part pas en lion en 2004. Les deux premiers films maison de la cuvée, Vendus d'Éric Tessier et Je n'aime que toi de Claude Fournier, n'ont conquis ni le public ni la critique. Vendus, une comédie noire avec pourtant à sa distribution une tête d'affiche comme Serge Thériault, a fait chou blanc. Il n'avait accumulé vendredi dernier, après deux semaines d'exploitation sur quinze écrans, que 37 614 $ de recettes aux guichets et vient d'être retiré de l'affiche partout.

Je n'aime que toi de Fournier, romance érotique mettant en scène Michel Forget, Noémie Godin-Vigneau et Jean-Nicolas Verreault, jugé inégal et au rythme peu soutenu, n'a pas décollé non plus. Sorti sur 18 écrans il y a dix jours, il avait atteint hier 37 239 $ de recettes aux guichets: maigre récolte là aussi. L'an dernier à pareille date, le cinéma québécois surfait encore sur la vague déferlante de Séraphin.

«Si l'offre n'est pas très forte, la demande est absente», constate Simon Beaudry, qui recueille les données statistiques de l'industrie cinématographique au Québec pour Alex Films. Il fait remarquer à quel point 2003 fut une année exceptionnelle avec 13 % de parts de marché pour nos films, à quel point aussi on ne peut pas toujours présumer de la réussite d'un film à l'avance, même s'il paraît porteur. «Le succès et l'échec sont parfois imprévisibles. Qui avait soupçonné au départ que La Grande Séduction serait le plus grand succès québécois de l'année?»

D'autres films québécois sortiront bientôt, tels Dans l'oeil du chat de Rudy Barichello et Jack Paradise de Gilles Noël et leur performance est à suivre.

Pour l'heure, notre cinéma roule encore sur ses bons coups de 2003. Vendredi dernier, dans la foulée de leurs nominations aux prix Jutra, La Grande Séduction de Jean-François Pouliot, Gaz Bar Blues de Louis Bélanger et La Face cachée de la lune de Robert Lepage ont repris l'affiche au Québec. La Grande Séduction est ressortie sur 25 écrans en recueillant 60 000 de recettes aux guichets dès le premier week-end. Vendredi prochain, Les Invasions barbares de Denys Arcand, en nomination un peu partout dont deux fois aux oscars, reprendra également l'affiche chez nous sur 25 écrans environ, en espérant s'offrir aussi une seconde vie.