Regard: 20 ans de court métrage

La comédienne Anne-Élisabeth Bossé, porte-parole du festival Regard, et Marie-Élaine Riou, la directrice générale de l’événement
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La comédienne Anne-Élisabeth Bossé, porte-parole du festival Regard, et Marie-Élaine Riou, la directrice générale de l’événement

S’il est un âge, qu’enfant, on a hâte d’atteindre, pour ensuite passer sa vie à s’en languir, c’est bien ses 20 ans. S’amorce alors le vrai début de la maturité, mais avec un supplément de folie et de désinvolture rendu possible par un reste d’insouciance. Or, il en va de même pour un événement culturel que pour un individu. Ainsi, dès le 16 mars, le festival Regard fêtera-t-il ses 20 ans d’existence, 20 ans consacrés à la célébration et à la diffusion du court métrage. Bref, édition charnière en vue. Pour l’occasion, on s’est entretenu avec la porte-parole de cette année, la comédienne Anne-Élisabeth Bossé, ainsi qu’avec la nouvelle directrice générale, Marie-Élaine Riou. Bonheur pour l’une, pression pour l’autre.

Une pression toute relative, cela dit, Marie-Élaine Riou connaissant bien Regard pour en avoir été la coordonnatrice de la programmation et du marché du court.

« J’hérite d’un événement en santé, précise-t-elle d’entrée de jeu. Ça permet d’envisager la suite avec une certaine confiance. Je n’arrive pas avec un désir de révolution ; ma présence se fera plutôt sentir, au début en tout cas, dans des petites choses. Par exemple, on a changé le nom de l’événement. Auparavant, c’était le festival Regard sur le court métrage au Saguenay, mais dans les faits, on disait juste “ Regard ”. On a décidé d’assumer ça, alors désormais, c’est le festival Regard. On reste dédié au court métrage et on reste bien ancré au Saguenay, mais on simplifie en gardant les points forts de la marque. »

Autre « petite chose » imputable à l’arrivée de Marie-Élaine Riou, cet accent mis, en marge des projections, sur les leçons de maîtres.

« On n’élimine pas les tables rondes, mais on privilégie les leçons de maîtres, oui. L’avantage est qu’avec une seule personne à la fois, on va beaucoup plus en profondeur. En groupe, veut, veut pas, ça demeure davantage en surface. Cette année, on aura notamment Ian Lagarde qui va parler de direction photo (Vic + Flo ont vu un ours), Nicolas Roy qui va discuter de montage (Corbo), ou encore Chloé Robichaud, qui va revenir sur le tournage tout récent de Pays, son deuxième long. Ce sont tous des gens dont on a présenté, et dont on continue de présenter, les courts métrages. Et puis, en formule causerie, il y aura François Jaros et Guillaume Lambert, de la relève brillante… Ces activités-là, j’en suis très proche parce que j’ai contribué à les développer dans le cadre du marché du court. »

Bref, on fait évoluer le festival tout en préservant son identité.

Une porte-parole « hot »

Une identité, en l’occurrence, qui séduit d’emblée quiconque vit Regard, dixit Anne-Élisabeth Bossé.

« J’y suis allée deux fois ces dernières années alors que je n’avais même pas de films dans la programmation, raconte la covedette des Appendices. Je voulais voir les courts, voir le monde, être de l’événement… Regard, c’est autant du cinéma pointu que bon enfant. C’est très festif, mais ce n’est pas une beuverie : il y a vraiment de beaux échanges sur le cinéma ; il y a vraiment de beaux contacts qui s’établissent. C’est un alliage parfait de “ fun ” et de “ fond ”. »

Celle que l’animateur Jean-Philippe Wauthier a affectueusement surnommée « la guédaille dans Série noire » à La soirée est encore jeune n’est pas peu fière d’être la figure de proue du festival.

« Lorsque j’ai découvert Regard, je ne travaillais pas énormément et j’éprouvais beaucoup d’admiration pour les porte-parole. Secrètement, je me disais : “ j’espère qu’un jour, je serai assez “ hot ” pour qu’on me sollicite. ” Et ça s’est produit cette année, pour la 20e édition en plus. Je suis tellement honorée et reconnaissante », se réjouit la comédienne.

Le festival Regard se déroulera à Saguenay du 16 au 20 mars. En tout, 165 films issus d’une trentaine de pays seront projetés. Comme par le passé, on y sera.

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