Piers Handling, le directeur du TIFF, révèle ses coups de coeur

Piers Handling, le directeur du Festival international du film de Toronto
Photo: Jemal Countess Agence France-Presse Piers Handling, le directeur du Festival international du film de Toronto

Le directeur du Festival international du film de Toronto (le TIFF, qui célébrait sa 40e édition en septembre) a eu droit à une carte blanche aux Rendez-vous du cinéma québécois lundi, mardi, mercredi et jeudi à la Cinémathèque québécoise. Ses choix de projections : Le déclin de l’empire américain d’Arcand, La femme de l’hôtel de Léa Pool, La neuvaine de Bernard Émond, Maelström de Denis Villeneuve, Continental, un film sans fusil de Stéphane Lafleur.

Tous ces films ont été importants pour le TIFF, la manifestation majeure qu’il dirige. Mardi, il rencontrait le public pour un échange.

Crucial

Piers Handling a toujours souligné à quel point le cinéma québécois avait été crucial dans sa démarche de cinéphile. Il a d’ailleurs tissé au fil des ans des liens étroits avec plusieurs de nos créateurs. « J’ai été éduqué par vos cinéastes, entre autres par Gilles Carle et La vraie nature de Bernadette, dit-il. J’y ai vu des regards d’introspection dans une société en mutation, connectée à sa propre culture sous la voix de jeunes remplis d’énergie. Denys Arcand, Jean Pierre Lefebvre, Gilles Groulx, Pierre Perrault participaient à une démarche sociale thérapeutique aussi. Depuis que nous avons créé au TIFF le programme de cinéma canadien en 1984, les oeuvres québécoises occupent une place très importante. Et à mesure que notre festival gagnait en portée internationale, il a pu aider à tisser des liens entre l’industrie et des cinéastes comme Denys Arcand, Jean-Marc Vallée, Denis Villeneuve, etc. Votre cinéma est l’un des plus riches du monde. »

La cerise

Rançon du succès : Piers Handling, fou de cinéma international et d’oeuvres d’auteur avec signatures, pris dans le tourbillon du TIFF, gère plusieurs gros films anglo-saxons, surtout en provenance d’Hollywood, affublés de vedettes réclamées par tous. « C’est aussi la cerise sur le gâteau, car ces productions et ces stars attirent l’attention médiatique et les soutiens financiers, mais nous présentons également des films de partout. »

Tout va si vite sur la planète, le TIFF, tout comme ses tentacules, doit se repositionner sans cesse. Ses prochains défis : « Dans notre édifice du Bell Lightbox, développer de plus en plus les volets du cinéma canadien et du cinéma pour enfants. »

Pris dans la tourmente de l’affaire Jutra, attristé à l’instar du milieu du cinéma d’ici, Piers Handling invite à séparer les dérives de l’homme d’une oeuvre majeure dont il faut à tout prix préserver l’héritage.

J’ai été éduqué par vos cinéastes [...]. J’y ai vu des regards d’introspection dans une société en mutation, connectée à sa propre culture sous la voix de jeunes remplis d’énergie.