«Corbo» et «La Passion d’Augustine» en tête des nominations

La cinéaste de <em>La passion d’Augustine</em>, Léa Pool (au centre), est en nomination pour la meilleure réalisation, tandis que deux des actrices qu’elle a dirigées dans ce film, Lysandre Ménard et Diane Lavallée (à l’avant-plan), sont en lice pour le prix de la meilleure actrice de soutien.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La cinéaste de La passion d’Augustine, Léa Pool (au centre), est en nomination pour la meilleure réalisation, tandis que deux des actrices qu’elle a dirigées dans ce film, Lysandre Ménard et Diane Lavallée (à l’avant-plan), sont en lice pour le prix de la meilleure actrice de soutien.

Deux longs métrages sont en tête des nominations aux prix Jutra, avec dix chacun : La passion d’Augustine, de Léa Pool, et Corbo, de Mathieu Denis. Ces films se sont également penchés sur le Québec des balbutiements de la Révolution tranquille ; le premier, avec retour sur les communautés religieuses à la croisée des chemins, là où Corbo, plus politique, abordait les premières bombes du FLQ. Tous deux reçoivent des nominations importantes, dont meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario, meilleure photographie, etc.

Fait notable, les deux films (La guerre des tuques 3D et Le mirage) qui se disputent, en pleine confusion de critères d’attribution, le billet d’or de la popularité en salles pour 2015, ne montent pas très haut ici. On est loin des doubles succès de Louis Cyr auprès du public et des votants des Jutra.

Cette fois, Le mirage, de Ricardo Trogi, ne reçoit qu’une nomination pour la meilleure actrice de soutien à Christine Beaulieu. Son concurrent de la cote d’amour: la délicieuse animation La guerre des tuques 3D, de Jean-François Pouliot et François Brisson, ne récolte que deux citations : à la direction artistique et au son.

« Les Québécois ont envie de se réapproprier leur histoire, disait Léa Pool, rayonnante, dont La passion d’Augustine (à l’encontre de Corbo) avait également séduit le public. C’est mon premier film pour adultes qui remporte un tel succès. Les gens m’arrêtaient dans la rue pour me féliciter, mais se voir reconnue par ses pairs réconforte particulièrement. »

Le Jutra hommage sera remis à François Dompierre, compositeur de la musique de tant de films emblématiques, d’IXE-13, de Jacques Godbout, en passant par Le matou, de Jean Beaudin, et Le déclin de l’empire américain, de Denys Arcand.

Plusieurs titres maintes fois cités n’ont pas connu le succès en salles, ce qui réclamera aux animateurs de la soirée des Jutra diffusée le 20 mars sur les ondes de Radio-Canada, Pénélope McQuade et Stéphane Bellavance, beaucoup d’énergie pour intéresser le public aux lauréats de ce cru cinéma.

Au meilleur film et à la meilleure réalisation, outre les oeuvres de Léa Pool et de Mathieu Denis, on retrouve l’excellent Félix et Meira, de Maxime Giroux, sur le mariage de deux solitudes (cinq nominations), Les démons du très prometteur Philippe Lesage (deux fois cité) et le brûlant Les êtres chers, d’Anne Émond (7 nominations). « C’était une année complexe, admettait cette dernière. Peu de films se démarquaient vraiment. Je regrette que le mien n’ait pas été assez vu. »

Qui remportera la statuette du meilleur acteur ? Xavier Dolan dans Elephant Song, Maxim Gaudette dans Les êtres chers, Alexandre Landry dans L’amour au temps de la guerre civile de Rodrigue Jean (trois fois nommé), Paul Savoie dans Le journal d’un vieil homme de Bernard Émond, Gilbert Sicotte dans Paul à Québec ? Ce dernier, sans doute. À la meilleure actrice, entre Céline Bonnier dans La passion d’Augustine, Laurence Leboeuf dans Turbo Kid, Fanny Mallette dans Chorus, Anna Mouglalis dans Anna ou Hadas Yaron dans Félix et Meira, c’est plus difficile à prévoir.

Drôle de cuvée donc, avec saupoudrage des nominations. Chose certaine, à la meilleure coiffure, Martin Lapointe, qui hérite de quatre nominations sur cinq, devrait remporter la mise…

Huit citations pour Elephant Song, de Charles Binamé, dont meilleure musique à Pierre Gill. Félix et Meira de Maxime Giroux est cité cinq fois et Guibord s’en va-t-en guerre, de Philippe Falardeau, que plusieurs imaginaient monter plus haut, nommé quatre fois. Tout comme Turbo Kid.

Paul à Québec, de François Bouvier, aurait mérité davantage qu’une seule nomination au meilleur acteur pour Gilbert Sicotte. « Le film aurait dû avoir un prix de famille », déclarait Gilbert Sicotte, qui regrettait entre autres choses que les effets spéciaux, la musique, les maquillages de Paul à Québec n’aient pas été soulignés aux Jutra.

Pour Chorus, de François Delisle, deux citations seulement : à la meilleure actrice pour Fanny Mallette et au meilleur montage. Anna, de Charles-Olivier Michaud, est nommé trois fois. On s’étonne que Brooklyn, de John Crowley, coproduit au Québec, malgré trois mises en nominations aux Oscar, dont une au meilleur film, n’en récolte que deux aux Jutra : à la meilleure direction artistique pour François Séguin et à la meilleure photographie pour Yves Bélanger.

Côté long métrage documentaire, les concurrents sont tous honorables : L’empreinte, de Carole Poliquin et Yvan Dubuc, L’or du golfe, de Ian Jaquier, Ouïghours, prisonniers de l’absurde, de Patricio Henriquez, Le prix à payer, de Harold Crooks, et Le profil Amina, de Sophie Deraspe, mais on déplore l’absence du magnifique Hôtel La Louisiane, de Michel La Veaux.

LE COURRIER DES ÉCRANS

Le courrier des écrans. Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands, vus par nos journalistes cette semaine. Inscrivez-vous, c'est gratuit.


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront le 5 septembre 2019.

La cinéaste de «La passion d’Augustine», Léa Pool (au centre), est en nomination pour la meilleure réalisation, tandis que deux des actrices qu’elle a dirigées dans ce film, Lysandre Ménard et Diane Lavallée (à l’avant-plan), sont en lice pour le prix de la meilleure actrice de soutien.

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir
3 commentaires
  • Nathan Ménard - Abonné 26 janvier 2016 12 h 44

    Droit à l'erreur

    Si je m'étais fié à la critique d'Odile Tremblay, 21 mars 2015, je ne serais pas allé voir ce film. Deux étoiles et demie? Vraiment. Pourtant j'étais ravi tout le long du film, et le public dans la salle aussi. Un autre exemple où les critiques peuvent avoir succombé trop facilement à leurs préjugés, ou manqué de flair. Mais on a droit à l'erreur et, en général, j'apprécie les critiques d'Odile Tremblay.
    Nathan Ménard
    Abonné

    • Sylvain Auclair - Abonné 26 janvier 2016 17 h 02

      De quel film parlez-vous?

    • Nathan Ménard - Abonné 26 janvier 2016 21 h 59

      Le film de Léa Pool. Merci de la demande de précision.
      Nathan Ménard