Quand le drame est enterré par l’émotion artificielle

«The 33» met à l’avant-scène le charismatique leader des mineurs, joué par Antonio Banderas.
Photo: Warner Bros «The 33» met à l’avant-scène le charismatique leader des mineurs, joué par Antonio Banderas.

Le 13 octobre 2010, le monde entier retenait son souffle devant le téléviseur alors qu’un à un, les 33 mineurs de la compagnie chilienne San Esteban remontaient lentement à la surface après avoir passé 69 jours sous terre.

Cinq ans plus tard, voilà que ce spectaculaire et bouleversant sauvetage fait l’objet d’un long métrage chilien réalisé par la Mexicaine Patricia Riggen (La Misma Luna) et mettant en vedette des acteurs hispanophones, anglophones et francophones y parlant pour la plupart, oh surprise !, en anglais y un poquito de español avec un accent chilien.

Bercé par la très peu subtile trame sonore du regretté James Horner, The 33 met à l’avant-scène le charismatique leader des mineurs (Antonio Banderas, truculent), le valeureux ministre des Mines (Rodrigo Santoro, honnête) et la soeur de l’un des mineurs qui fouettera les troupes avec ardeur (Juliette Binoche, affichant constamment un air de mater dolorosa).

Hormis une scène onirique plus embarrassante qu’émouvante, le tout démontre une volonté de demeurer fidèle à la réalité qu’ont vécue les mineurs et leurs familles. Hélas ! Au fur et à mesure que les longues minutes s’égrainent, Patricia Riggen appuie de toutes ses forces sur la note mélo, diluant le drame qui s’annonçait prenant et tendu dans un magma d’émotions artificielles.

The 33

★★ 1/2

Chili, 2015, 128 minutes. Drame historique de Patricia Riggen avec Antonio Banderas, Juliette Binoche, Rodrigo Santoro.