Quand le court s’arrime au long

Le court métrage «La guerre des bleuets» met en vedette Patricia Nolin.
Photo: Patrick Roy Le court métrage «La guerre des bleuets» met en vedette Patricia Nolin.

Il ne faut pas croire que les conflits au cinéma se résument à La guerre des tuques et à La guerre des étoiles. Une autre guerre, celle des bleuets, a déjà pris l’affiche. Cet excellent court métrage d’Anik Salas, sur un scénario de Stéphanie Labbé (qui joue aussi dans le film), est projeté sur 13 écrans en première partie du Garagiste de Renée Beaulieu. Des films tournés de chaque côté du fleuve, car l’action du Garagiste se déroule dans le Bas-du-Fleuve et celle de La guerre des bleuets aux Éboulements, dans Charlevoix.

Précisons que cette jouissive comédie suit la revanche d’une septuagénaire (remarquable Patricia Nolin, dont on savoure la petite danse finale) à qui de nouveaux jeunes voisins irritants de bonnes intentions ont volé sans le savoir sa talle de bleuets. Et ces jeunots qui la traitent comme une demeurée n’ont qu’à bien se tenir…

Son producteur Denys Desjardins, des Films du Centaure, remercie TVA Films d’avoir accepté de le projeter avant Le garagiste. Peu de courts métrages atterrissent en salles commerciales. Une fois n’est pas coutume.

« On voulait marier ça à un film québécois qui lui ressemble », explique Denys Desjardins.

Le court métrage s’était d’abord promené dans le circuit des festivals étrangers et remporta un prix au Texas.

« Après un an de circuit des festivals, on s’est demandé comment sortir le film sur les écrans, poursuit le producteur. J’y croyais, au grand réseau. » Il a fait le tour des exploitants de salles. Celui du cinéma La Malbaie a accepté de le programmer avant Paul à Québec.

« Plusieurs exploitants de salles, dont Mario Fortin au Beaubien, acceptaient de le présenter, mais j’avais besoin de me lier à un long métrage québécois et à son distributeur. »

La présence d’un court métrage en ouverture allonge un temps de projection. La guerre des bleuets dure quand même 13 minutes. « Il a fallu convaincre TVA Films, ajoute Denys Desjardins. Même le producteur du Garagiste et sa réalisatrice, Renée Beaulieu, avaient leur mot à dire. Leur film est court : 87 minutes. On pouvait y arriver. »

Le court métrage sans distributeur a trouvé en TVA un diffuseur informel qui envoie aux salles les copies de La guerre des bleuets. Ce qui ne devrait pas nuire aux ventes télé.

Une exception dans le gros circuit ? Peut-être. « Mais si le facteur humain s’en mêle, si on rencontre les gens, si un court métrage a du potentiel… Je crois aux miracles », conclut-il.