Ultime délai pour payer les salaires

Le président du Festival des films du monde, Serge Losique
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le président du Festival des films du monde, Serge Losique

De délais en promesses, le Festival des films du monde (FFM), en pleine tourmente financière, depuis deux ans sans subventions des institutions culturelles, n’est toujours pas parvenu à juguler ses dettes.

La Presse, dans son édition de ce vendredi, révélait que 25 employés salariés avaient porté plainte à la Commission des normes du travail. « Nous travaillons actuellement pour que tout montant dû soit réglé au plus tard le 6 novembre », expliquait la direction du festival dans une lettre à ses employés, tout en précisant que « la direction ne peut forcer personne légalement à tenir ses promesses de dons, de commandites et autres. » Le FFM compterait pourtant en partie sur le coup de pouce d’entreprises non identifiées.

Jean-François Pelchat, porte-parole à la Commission des normes du travail du Québec, précise que la date butoir après entente de son organisme avec le président du FFM, Serge Losique, sur les salaires à verser, n’était pas le 6 novembre, mais bien jeudi dernier, le 29 octobre. « Comme cette entente n’a pas été respectée, explique-t-il, nous allons de l’avant. Déjà, les recherches des documents auprès des employés et de l’employeur sont enclenchées. Nous allons ensuite étudier les avis de réclamations pour chacun des 25 employés, en sommant l’employeur de payer. Il aura alors dix jours pour s’exécuter, faute de quoi seront prises des procédures judiciaires. » Le porte-parole précise que si jamais le festival payait son monde le 6 novembre, comme il s’y est engagé, ces procédures tomberaient d’elles-mêmes.

Pour l’instant, les salariés ne sont pas les seuls concernés. En cas de défaut de paiement, les travailleurs autonomes se proposent de se regrouper le 16 novembre pour une mise en demeure collective. Ils sont plus d’une dizaine, sous simple contrat, à ne pouvoir se prévaloir de la Loi sur les normes du travail.

Ce vendredi, le téléphone du Festival des films du monde était hors service. Son attaché de presse, Henry Welsh, évoquait un problème de câble endommagé, bientôt réparé. Dans le passé, des factures impayées avaient entraîné des ruptures de courant pour différents services du FFM.

Une somme de 165 000 $ avait été prêtée à la mi-septembre par Yann Béliveau de No Limit Loans, ami de Serge Losique, après des prises d’hypothèques sur le cinéma Impérial et des propriétés privées du président du FFM. Certains cachets avaient alors été versés. Un nouveau prêt de 190 000 $ a suivi fin septembre.

L’avenir du Festival des films du monde, qui devait célébrer son 40e anniversaire en août prochain, semble compromis. Une première rencontre a déjà eu lieu entre le maire de Montréal et Serge Losique concernant l’avenir du FFM, mais la Ville de Montréal demeure évasive sur sa teneur et les suites à prévoir.

Le Devoir avait fait état, le 7 octobre dernier, de la démission de plusieurs membres du Conseil d’administration et d’employés de l’équipe du FFM.

Pour l’heure, de nombreux employés assurent au Devoir que même s’ils étaient payés, on ne les y reprendrait plus l’année prochaine.