L’extradition de Polanski n’aura pas lieu

Varsovie, Pologne — Un tribunal de Cracovie, en Pologne, a déterminé vendredi que la loi interdisait l’extradition du cinéaste Roman Polanski vers les États-Unis, où il a plaidé coupable il y a près de 40 ans d’avoir eu des relations sexuelles avec une mineure.

Le juge Dariusz Mazur a expliqué que la cause était très compliquée, mais qu’une procédure d’extradition violerait les droits de la personne du réalisateur de 83 ans, car il pourrait être soumis à la détention. Le juge a ajouté qu’il n’avait pas trouvé de réponse rationnelle à la question « Quel est l’objectif réel de la demande d’extradition ? »

Cette décision pourrait clore le dossier de façon favorable pour Polanski. Le procureur polonais qui a tenté de faire accepter l’extradition au nom des États-Unis n’a pas indiqué s’il porterait la décision en appel.

Le juge Mazur estime que Polanski a purgé sa peine en détention aux États-Unis, puis plus tard pendant 10 mois — en partie assigné à domicile — en Suisse, en 2009-2010, lorsque les États-Unis ont tenté en vain d’obtenir son extradition.

M. Mazur a affirmé que les juges et procureurs américains avaient fait des erreurs procédurales dans ce dossier, avaient refusé à Polanski le droit d’avoir une défense adéquate et avaient manqué d’objectivité.

Roman Polanski se trouvait à Cracovie, vendredi, mais n’était pas au tribunal.

« Je peux maintenant respirer », a par la suite déclaré le réalisateur, qui paraissait amaigri et épuisé, à des journalistes. « J’ai plaidé coupable. Je suis allé en prison. J’ai purgé ma peine. Le dossier est clos. »

L’avocat de la femme agressée par le cinéaste alors qu’elle avait 13 ans a applaudi le refus de la cour polonaise de renvoyer Polanski aux États-Unis.

Lawrence Silver, qui représente Samantha Geimer, affirme avoir déjà envoyé une note pour féliciter les avocats de Polanski en Pologne.

Il a également demandé aux procureurs de Los Angeles, vendredi, de mettre fin aux efforts visant à faire extrader le cinéaste.

Samantha Geimer, qui a révélé il y a longtemps qu’elle avait été la victime de Polanski, a dit qu’elle avait accordé son pardon au réalisateur.