La Cinémathèque québécoise étend ses rayons

La Cinémathèque québécoise conserve entre autres 50 000 films et vidéos, 2000 appareils anciens, 50 000 livres, 15 000 scénarios, 30 000 émissions télé, sans compter le reste.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La Cinémathèque québécoise conserve entre autres 50 000 films et vidéos, 2000 appareils anciens, 50 000 livres, 15 000 scénarios, 30 000 émissions télé, sans compter le reste.

La Cinémathèque québécoise, depuis mai dernier sous la direction de Marcel Jean, prend de nouveaux virages, en étendant ses rayons.

Dès janvier, des projections pour toute la famille seront au menu dominical. Tant l’extérieur que l’intérieur de l’institution du boulevard de Maisonneuve subiront des transformations. La Cinémathèque aura au début 2016 une nouvelle signalisation, un nouveau logo, etc. Dans quelques mois, elle sera mieux identifiée sur façade. « À l’intérieur, on changera l’ambiance visuelle pour rendre les lieux plus accueillants et chaleureux », explique Marcel Jean.

À la fin novembre, la salle Claude-Jutra pourra accueillir des projections 3D. « On va réactiver aussi l’écran du hall d’accueil, en changeant la technologie pour développer une application compatible avec les téléphones cellulaires et avec accès à la programmation. »

Trois employés de l’institution prennent leur retraite au début janvier, ce qui devrait conférer un peu de jeu à une institution qui traîne un déficit structurel, mais dont le budget n’est du moins pas coupé.

« On veut redonner la Cinémathèque aux créateurs, poursuit son directeur. Un programme d’artistes en résidence sera instauré. À l’automne 2016, six cinéastes d’animation en provenance du monde entier viendront ici durant six semaines. Plus tard, on invitera deux artistes à investir un coin ou l’autre de la Cinémathèque pour y créer. » Par ailleurs, Gabriel Thibaudeau, pianiste attitré des lieux, composera la partition d’un programme de courts métrages muets expérimentaux de grands cinéastes du passé.

« Nous négocions un partenariat avec l’ONF pour rendre disponibles un certain nombre de films indépendants en animation, au documentaire, à raison d’une dizaine d’oeuvres par année. Les documentaires de femmes en 16 mm des années 70, la grande période féministe, étaient peu visibles. On entend créer ainsi une “collection de circulation” après transfert des oeuvres sur support numérique, pour les rendre accessibles aux festivals, à des événements, à des institutions. Il faut qu’on diffuse autrement, en faisant aussi circuler des programmes créés ici. »

Marcel Jean conserve la direction artistique du Festival international du film d’animation d’Annecy en France, mais dorénavant à titre de directeur de la Cinémathèque québécoise.

Conserver ici ou là

Rappelons que la Cinémathèque québécoise conserve entre autres 50 000 films et vidéos, 2000 appareils anciens, 50 000 livres, 15 000 scénarios, 30 000 émissions de télé, sans compter le reste. Dont 28 000 affiches : Hollywood, têtes d’affiches,une expo sur leurs cimaises jusqu’au 15 novembre,en met trente en lumière, dont une de Norman Rockwell sur The Magnificent Ambersons d’Orson Welles.

Les médias ont eu accès lundi à une rare visite des entrepôts de Boucherville où sont entreposés les films en chambres froides, mais aussi les trésors non filmiques : appareils Cinématographe, lanternes magiques, juke-box Scopitone, vieilles télés, costumes, etc.

En partenariat avec BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), des documents généralistes de la Vidéothèque seront transférés à la Grande Bibliothèque pour permettre à la Vidéothèque de se consacrer à la recherche professionnelle. Un programme de résidence pour chercheurs y sera instauré à l’automne 2016.

Les défis de conservation sont du côté des nouveaux supports, nous explique-t-on. Les données des fichiers numériques devront migrer tous les quinze ans, en suivant l’évolution technologique, sous peine de devenir illisibles.

Un mot pour rappeler l’extraordinaire vidéo-installation Brouillard du cinéaste expérimental québécois Alexandre Larose, projetée à la salle Norman-McLaren de la Cinémathèque jusqu’au 8 novembre. Il a filmé en un plan plusieurs fois de suite un même trajet à travers champs jusqu’au lac Saint-Charles, superposant ensuite les pellicules. Le vent dans les feuilles et les herbes crée des mouvements. Des silhouettes fantomatiques passent. On croirait voir un tableau impressionniste bouger, et l’esprit devient méditatif à sa vue. Courez-y. C’est gratuit.

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