À voir ce jeudi

«Louder Than Bombs», de Joachim Trier
Photo: Festival de Cannes «Louder Than Bombs», de Joachim Trier

Les projections régulières démarrent ce jeudi au FNC. Le Devoir a vu quelques films.

Louder Than Bombs de Joachim Trier avait été projeté en compétition au dernier Festival de Cannes. Ce cinéaste norvégien s’était fait remarquer avec son exceptionnel Oslo, 31 août. Il livre cette fois une oeuvre internationale, tournée à New York en anglais, donnant la vedette à Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg et Gabriel Byrne, croisés pour la première fois sur un plateau. Sans la force de frappe ni l’originalité de son film précédent, mais avec beaucoup de finesse et de sensibilité, Louder than Bombs aborde le deuil du père et du fils deux ans après l’accident de route de la mère photographe de guerre (Huppert), peut-être intentionnel finalement. Variations sur la souffrance et l’incommunicabilité entre proches, sur la responsabilité de l’Occident quant aux drames du tiers-monde, le film, bien interprété, rend tangibles de grandes souffrances morales.

Petit événement : à Cannes, il fut présenté comme une sorte de brûlot, Love du Français Gaspar Noé, porno romantique en 3D. Bon, on s’ennuie de la charge de La vie d’Adèle de Kechiche, qui mariait avec autrement de puissance sexualité frontale et histoire d’amour. Du moins Love possède-t-il le mérite d’offrir une livre de chair au romantisme désincarné. Sinon, on y rencontre un Américain à Paris (ville où ne sont prononcées qu’à peu près trois phrases en français), entre deux femmes, qui se souvient d’une brûlante idylle. Les acteurs manquent de charisme, surtout Karl Glusman, un homme sexiste et homophobe, peu inspirant. Il manque une trame dramatique mais non de scènes hard dont l’intérêt s’émousse. Mais se faire éjaculer dessus en 3D par effet de jaillissement, ça saisit…