Le FFM entre défections et promesses

Serge Losique
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Serge Losique

Le Festival des films du monde, qui s’était retrouvé dans la tourmente l’été dernier, n’est pas au bout de ses peines. Les membres de son conseil d’administration ont démissionné en bloc la semaine dernière, à l’exception, précisent nos sources, de Michel Fournier. Mais Serge Losique, à la tête de ce conseil d’administration, préparerait sa 40e édition comme prévu.

Le directeur de l’administration et du marketing, responsable des commandites, Daniel Bouchard, n’a pas renouvelé son contrat. Déjà avant et au cours du festival, quelques défections avaient ébranlé le navire. La comptable Christiane Colson aurait démissionné également.

Rappelons que depuis 2014, le FFM, contesté pour son manque d’ancrage dans le présent, boudé par le milieu du cinéma, ne reçoit plus d’aide d’État des trois ordres de gouvernement, ce qui oblige Serge Losique à des acrobaties financières pour payer son monde, salariés et contractuels, avec délais cumulés qui font grincer des dents plusieurs employés. Au cours de la dernière édition, certains avaient menacé de débrayer avant de se raviser sous promesse d’un règlement rapide.

Plaintes

Yann Béliveau de No Limit Loans, prêteur et ami personnel de Serge Losique, a certifié qu’après prises d’hypothèques sur des résidences de Serge Losique — le cinéma Impérial, propriété du FFM, semble avoir été de son côté hypothéqué pour une seconde fois —, sa compagnie lui a octroyé une somme de 165 000 $ il y a deux semaines.

Depuis, plusieurs employés se plaignent de ne pas avoir encore été payés, ou seulement en partie. D’autres ont bel et bien reçu leurs chèques. Certains ajoutent que seule une partie du montant déboursé, 87 000 $, peut être utilisée pour couvrir les honoraires des employés, le reste devant éponger d’autres obligations.

Serge Losique, qui a vécu une 39e édition houleuse, éprouvé, se démènerait pour donner pleine rétribution à son monde — dans le passé, même au milieu des orages, il a toujours fini par payer — mais de nouveaux délais se sont ajoutés à d’anciens défauts de paiement.

« Depuis 39 ans, le Festival s’est toujours acquitté de ses obligations envers ses employés, contractuels et bénévoles », a répondu le FFM à nos demandes d’information.

Yann Béliveau a assuré que d’autres fonds seront débloqués sous peu et qu’il cherche avec le président du FFM un dénouement rapide. « Serge Losique a payé 2 millions de sa poche pour faire rouler l’édition précédente du FFM. Il est de bonne foi. Ses employés lui plantent un couteau dans le dos et le rendent malade. Il est en train d’éteindre un feu que le gouvernement a allumé. Les gens vont être payés et on met sur pied une structure financière pour empêcher que ce type de situation se reproduise à l’avenir. »

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